Claire à bulles

Open Minded


Parce qu’il y a des moments où l’on a envie de nouveauté, me voici en mode « ouverture » depuis environ un mois et demi, à chercher à droite à gauche des sons qui n’ont pas encore effleuré mes oreilles.


Morrissey – Years of Refusal

Pour ma découverte du Mozz, j’ai apparemment frappé fort. J’adore l’artwork de ce disque depuis la première fois que je l’ai vu, mais en me penchant sur le contenu, tout est entièrement pensé avec élégance, s’accordant avec les textes retraçant ces Years of Refusal.
Malgré une musicalité quelque peu atypique, j’ai été surprise par cette voix d’une justesse à toute épreuve, avec des vibratos bien placés sans trop en faire. Ce que j’aime dans ce disque, c’est que lorsqu’il se termine, je suis à chaque fois prise d’une irrésistible envie de le réécouter.
Le petit plus repose dans ce côté western classieux, ces rythmes cadencés, comme sur le refrain de Black Cloud ou l’introduction de When last I talk to Carol, mêlant galop et guitare acoustique, et toujours la voix du Mozz qui se pose avec grâce sur ce paysage.
En termes de musicalité, il y a là une recherche mélodique et artistique d’une richesse incroyable. Il n’en reste pas moins un disque à part. Inclassable. Et difficile à ressentir également.
 
 
Sparklehorse - It's a Wonderful Life



Life It’s a Wonderful Life
, tout un programme... À jamais Sparklehorse sera associé pour moi à Laurel Canyon, ce petit film que j’aime tant, sensible, vrai, parlant, qui donne vie à des personnages qu’on finit par aimer. Cette musique-là, c’est la bande son de leur vie. Et peut-être en partie de la mienne.
Gold Day, tout en douceur, est empreinte d’une nostalgie indéfinissable, comme la majorité des titres qui se trouvent sur ce petit bijou vert. Ce disque est celui des soirées où l’on a envie de rien d’autre que de se rappeler nos belles années passées. Nos souvenirs, ces visages qui nous ont fait sourire, ces battements de cœur. Comme un tableau de nos émotions que l’on garde bien au chaud, c’est feutré et à fleur de peau, doux et sensible.
 
 
The December Sound – The Silver Album



Le shoegaze est un mystère à mes yeux. Cette espèce de beauté aérienne a beaucoup de mal à m’émouvoir, et je ne sais pas pour quelle raison. J’accorde une importance absolument capitale aux voix, ceci explique peut-être cela. Le shoegaze met en avant bien souvent un esprit, une ambiance, une atmosphère, pour laisser le chant au second plan. C’est une musique qui porte et emporte au lieu d’accrocher.
Pourtant j’aime profondément cette résonance. Et The December Sound mélange avec subtilité des mélodies planantes et des sons variés qui donnent une cohérence à l’ensemble. On susurre, le chant n’est qu’une partie d’arrière-plan bien souvent, et il faut s’y habituer, mais le tout reste comme un voyage dans l’espace. On s’y laisse prendre, on glisse petit à petit hors du temps et hors des musicalités traditionnelles, là-bas, ailleurs.
 

Grizzly Bear – Veckatimest



Adepte des chœurs depuis toujours, je suis tombée en extase à l’écoute de Two Weeks. Sensations diverses, images à foison, nostalgie et espoir, beauté, cette chanson me parle à un point réellement étonnant.
Mais au-delà de ce petit bijou, Veckatimest est une œuvre qui regorge de beauté. Certes, rien n’est simple, chaque chanson est un labyrinthe dans lequel on se promène. Il faut aller et venir, en passant d’une batterie lourde aux chœurs angéliques, faisant la part belle au piano et aux sonorités intimistes.
Hors des schémas refrain-couplet, ici il n’est plus question de limite ni de cadre préconçu. Pourtant l’absence de normalisation n’ôte en rien le charme à cette sorte d’anarchie musicale qui, au fil des écoutes, devient presque une évidence.
    

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Two Weeks


Je ne regarde jamais les clips. Je préfère largement visualiser moi-même la musique que j'écoute. Pourtant j'ai eu un véritable coup de foudre pour ce petit chef d'oeuvre de beauté. Grizzly Bear chanta et la lumière fut.



Veckatimest est un petit bijou. Ces mélodies regorgeant de choeurs sont pour moi la grâce ultime de tout groupe. J'aime cette simplicité des voix. Clarté, c'est ce que j'ai ressenti à la première écoute. À l'image de ce clip, j'ai senti mon corps s'innonder d'un bonheur intense. Chaque écoute est un plaisir. J'aime toutes les influences, la diversité de son chant musical.

Décidément 2009 me réserve encore de bien belles découvertes. 
    

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Un peu plus loin


Un peu de liberté. Un peu de temps pour penser. Pour sentir.

Encore trop de temps passé depuis mon dernier post. Encore une grande envie d’écrire mais pas une minute pour le faire à ma manière, avec ma musique en fond pour trouver les mots justes.

Les jours passent. Je travaille du matin au soir. Le point positif est dans la perspective. Dans un mois je partirai sur les routes en quête de toutes ces sensations que j’affectionne tant. Autour de la musique et de son impact, je vais partager des moments d’une rare intensité avec des amis qui sont à mes côtés chaque jour et qui m’ont donné la force d’aller de l’avant il y a quelques mois. Le bonheur de se retrouver est presque plus fort que celui de vivre des concerts que j’attends avec une impatience à la hauteur de l’amour que je porte à l’œuvre de ces artistes que j’ai la chance d’aller applaudir.

Au programme, trois concerts de Depeche Mode (Paris, Carcassonne et Valladolid) et cinq concerts de Nine Inch Nails (Düsseldorf, Berlin, Paris, Nîmes et Madrid). J’avais prédit une année 2009 incroyablement musicale, mais mon espérance n’arrivait certainement pas à la cheville de ce que je vais vivre (et nous ne sommes qu’à la moitié de l’année) et n’avait pas prévu mes nombreuses découvertes qui me procurent chaque jour des bonheurs nouveaux.

Je me sens libre ce soir. Libre de pouvoir être émue par quelques notes, libre de vivre mes passions comme jamais je n’ai pu le faire, libre de comprendre mes connexions inconscientes et de les regarder avec les yeux pleins d’éclat. Dans deux jours, je pars à Montpellier pour le mariage d’Isabelle et d’Arnaud, la joie dans le cœur, et je trouve cela profondément agréable.

        

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In the great below




J’ai mis plus d’un an à me familiariser avec le monde de Nine Inch Nails, à le découvrir, le décortiquer puis le savourer. Je suis encore en pleine construction, j’avance pas à pas dans cet univers qui ne laisse rien au hasard, riche, intense, chargé d’émotions les plus fortes. Toutes les émotions. C’est sans nul doute le plus long apprentissage musical que j’ai réalisé. Mais je me rends compte à présent de l’envergure de l’œuvre et de sa puissance. Cette présence, cet impact, ces mots qui heurtent, envoûtent, glacent, et vont chercher en nous ce qui ne sort jamais.

Désormais c’est comme une évidence. La lumière. J’y suis. J’ai encore beaucoup de chemin à parcourir pour m’imprégner pleinement de ces sons et de ces atmosphères, mais j’aime ce sens brut, cette rage à fleur de peau et cette poésie qui parle si bien à nos peurs.



Il ne s’agit plus d’une simple écoute passagère, me voilà plongée dans un monde où chaque détail est une pierre de plus pour en comprendre les fondements. Tout est profondément réfléchi, mais tellement vrai, comme si l’on creusait l’âme humaine pour en sentir les palpitations à chacune de ses émotions. J’aime cette intensité.

Sans nul doute, Trent Reznor nous livre une œuvre absolument unique. Et je suis consciente du fait que les deux concerts qui m’attendent au mois de juin changeront définitivement ma perception vis-à-vis de beaucoup de choses. Comme un point de non retour auquel je me prépare. Avec passion, et sans appréhension.

      

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