Samedi 13 Juin 2009
Open Minded
Parce qu’il y a des moments où l’on a envie de nouveauté, me voici en mode « ouverture » depuis environ un mois et demi, à chercher à droite à gauche des sons qui n’ont pas encore effleuré mes oreilles.
Morrissey – Years of Refusal

Malgré une musicalité quelque peu atypique, j’ai été surprise par cette voix d’une justesse à toute épreuve, avec des vibratos bien placés sans trop en faire. Ce que j’aime dans ce disque, c’est que lorsqu’il se termine, je suis à chaque fois prise d’une irrésistible envie de le réécouter.
Le petit plus repose dans ce côté western classieux, ces rythmes cadencés, comme sur le refrain de Black Cloud ou l’introduction de When last I talk to Carol, mêlant galop et guitare acoustique, et toujours la voix du Mozz qui se pose avec grâce sur ce paysage.
En termes de musicalité, il y a là une recherche mélodique et artistique d’une richesse incroyable. Il n’en reste pas moins un disque à part. Inclassable. Et difficile à ressentir également.

Life It’s a Wonderful Life, tout un programme... À jamais Sparklehorse sera associé pour moi à Laurel Canyon, ce petit film que j’aime tant, sensible, vrai, parlant, qui donne vie à des personnages qu’on finit par aimer. Cette musique-là, c’est la bande son de leur vie. Et peut-être en partie de la mienne.
Gold Day, tout en douceur, est empreinte d’une nostalgie indéfinissable, comme la majorité des titres qui se trouvent sur ce petit bijou vert. Ce disque est celui des soirées où l’on a envie de rien d’autre que de se rappeler nos belles années passées. Nos souvenirs, ces visages qui nous ont fait sourire, ces battements de cœur. Comme un tableau de nos émotions que l’on garde bien au chaud, c’est feutré et à fleur de peau, doux et sensible.

Le shoegaze est un mystère à mes yeux. Cette espèce de beauté aérienne a beaucoup de mal à m’émouvoir, et je ne sais pas pour quelle raison. J’accorde une importance absolument capitale aux voix, ceci explique peut-être cela. Le shoegaze met en avant bien souvent un esprit, une ambiance, une atmosphère, pour laisser le chant au second plan. C’est une musique qui porte et emporte au lieu d’accrocher.
Pourtant j’aime profondément cette résonance. Et The December Sound mélange avec subtilité des mélodies planantes et des sons variés qui donnent une cohérence à l’ensemble. On susurre, le chant n’est qu’une partie d’arrière-plan bien souvent, et il faut s’y habituer, mais le tout reste comme un voyage dans l’espace. On s’y laisse prendre, on glisse petit à petit hors du temps et hors des musicalités traditionnelles, là-bas, ailleurs.
Grizzly Bear – Veckatimest

Adepte des chœurs depuis toujours, je suis tombée en extase à l’écoute de Two Weeks. Sensations diverses, images à foison, nostalgie et espoir, beauté, cette chanson me parle à un point réellement étonnant.
Mais au-delà de ce petit bijou, Veckatimest est une œuvre qui regorge de beauté. Certes, rien n’est simple, chaque chanson est un labyrinthe dans lequel on se promène. Il faut aller et venir, en passant d’une batterie lourde aux chœurs angéliques, faisant la part belle au piano et aux sonorités intimistes.
Hors des schémas refrain-couplet, ici il n’est plus question de limite ni de cadre préconçu. Pourtant l’absence de normalisation n’ôte en rien le charme à cette sorte d’anarchie musicale qui, au fil des écoutes, devient presque une évidence.
Par PtitRouf, Samedi 13 Juin 2009 à 21:41 GMT+2 dans Pour les oreilles








