Jeudi 14 Janvier 2010
Concerts 2009. Pour surtout ne rien oublier.
Ce que je préfère en début d'année, outre les bonnes résolutions et les perpétuelles remises en question, ce sont ces classements qui ne servent pour ainsi dire à rien. Ah si, pardon. Ce sont des armoires à souvenirs tellement agréables à rouvrir et à ranger.
En ce qui concerne 2009, mon classement des concerts est un déchirement tant j’ai vécu de choses immenses. Et bien plus encore. J’avais senti de grandes émotions auparavant en concert, mais cette année a été la plus chargée en sensations musicales. Le plus était aussi certainement la possibilité de partager à l’infini mon ressenti, et puis sans nul doute mon état d’émotivité qui a fait que j’ai été réceptive à 300%. Dans un sens, mon horloge émotionnelle était à l’heure exacte en 2009.

Pour bien commencer ce classement, voici deux concerts que je place hors classement, sous l’intitulé Les concerts de ma vie :
Nine Inch Nails, Alec Empire @ La Riviera, Madrid, 30 juillet 2009
Nine Inch Nails, Mew @ Arena Treptow, Berlin, 30 juin 2009
Parce que je pense sincèrement qu’il est très probable que jamais plus je ne revive des moments d’une telle intensité (j’espère me tromper, bien entendu, et je ne pars jamais battue). J’ai foi en la musique et en la puissance du direct, profondément, mais malgré cette passion qui fait que je peux m’émerveiller d’un rien, j’ai senti tout mon être partir lors de ces deux concerts. Loin, tellement loin. À Berlin, après une nuit quasiment sans dormir et passée sur la route, après une journée entière passée sous la chaleur écrasante, j’ai cru que je n’aurais pas assez d’énergie pour la soirée. Ce fut presque la même histoire à Madrid, où le staff nous a fait attendre à l’arrière de la salle pendant deux heures sous un soleil de plomb (Madrid fin juillet…).
Comment décrire la perfection ? Par le fait peut-être que les imperfections rendent le moment encore plus parfait. Toutes ces petites choses que l’on aurait pu critiquer deviennent des anecdotes qui renforcent le sentiment de plénitude. Au-delà du simple concert, de la simple musique, quand je dis que je suis partie loin, je parle d’autre chose, du message, des échanges, du monde Nine Inch Nails qui m’a amené à réfléchir sur un tas de questions. Au risque de paraître illuminée (j’assume
), pour moi NIN représente une expérience complète, tant musicale que
spirituelle, philosophique, émotionnelle et humaine. Quelque chose d’unique et
de difficilement descriptible. Et Madrid et Berlin ont été en quelque
sorte le point culminant de ce cheminement. Et Trent Reznor qui chante Reptile en me regardant dans les yeux, je crois que jamais je ne pourrai l’oublier…1. Nine Inch Nails, Alec Empire @ Arènes de Nîmes, 28 juillet 2009
Pour le lieu, parce que voir NIN dans un tel décors était presque inespéré. Nîmes rend les concerts magiques. Celui-ci n’a pas dérogé à la règle. Setlist parfaite et étonnante, son d’une pureté rare. Je me souviens encore du passage juste à la fin de The Frail, ce petit moment où j’espère fort entendre les premières notes de The Wrestler, comme dans And All That Could Have Been que j’ai écouté plus de cent fois sans jamais me lasser. Et puis paf, toutes ces émotions qui m’envahissent d’un coup, sans trop savoir d’où elles sortent. Un concert immense.
2. Depeche Mode, Soulsavers @ Palacio de Deportes, Madrid, 16 novembre 2009
Fin de l’année, le temps du presque bilan et le retour du froid. Après mes trois concerts modiens estivaux, dont deux qui ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable, j’attendais de retrouver le groupe avec une setlist plus dynamique. Il suffit de quelques changements pour qu’un concert passe du « bien » à « l’excellent ». J’avoue avoir une chance incroyable avec mes concerts madrilènes. Une fois de plus, j’ai eu droit à ce que je n’osais espérer : Sister of Night, World in my Eyes, Home, Behind the Wheel et One Caress. Sans oublier A Question of Time et In Your Room, que j’aime à l’infini. J’étais tout près de la scène, l’ambiance était idéale, le son plutôt très bon, j'étais bien accompagnée. En sortant de là, je n’étais que joie.
3. Editors, The Maccabees, Wintersleep @ Palacio Vistalegre, Madrid, 9 décembre 2009
Les retrouvailles de mes petits chéris se sont passées à merveille. In This Light and On This Evening est une petite pépite qui brille de mille feux en live. Comment ne pas penser au chemin parcouru par ces quatre garçons de Birmingham depuis quelques années ? Je me rappelle encore de ce concert que j’avais fait dans la Joy Eslava, toute petite salle madrilène, ancien théâtre, où j’avais découvert un Tom Smith sensible et touchant, jouant avec ses grandes mains, tantôt agité tantôt introverti. Cette fois, c’est dans une des grandes salles de la ville qu’Editors est venu présenter son nouveau disque. Définitivement, j’aime leur musique, cette voix, cette noirceur, cette façon de concevoir la vie et de la décrire. Et puis il y a ce moment où, sans trop savoir comment ni pourquoi, les notes qui se glissent dans notre petit cœur font couler quelques larmes. Des perceptions qu'on a du mal à oublier.
4. Nine Inch Nails, Mew @ Le Zénith, Paris, 7 juillet 2009
Le seul concert du groupe que j’ai fait loin de la scène. Je n’en ai même pas « souffert », j’ai pu voir au moins une fois l’effet de Head Like a Hole et de The Hand That Feeds sur une foule en délire. Un grand concert encore une fois, avec un Reptile qui a fait souffrir mes cervicales pendant quelques jours.
5. Travis, The Alexandria Quartet @ Sala Macumba, Madrid, 13 février 2009
Travis ou le groupe de l’amour. Je n’explique toujours pas pourquoi ce groupe provoque ce sentiment si particulier qui fait qu’en sortant de ses concerts, on a envie d’aimer tout le monde. Je les ai aimés par hasard, à vrai dire. Et je suis surprise à chaque fois par ce pouvoir quasi aphrodisiaque. Retrouver l’œil frisé et le sourire de Fran Healy et les clins d’œil d’Andy Dunlop, ce fut un pur bonheur. Travis est de ces groupes qui ne paient pas de mine et qui pourtant partagent tellement de choses quand ils sont sur scène.
6. Depeche Mode, M83 @ Stade de France, 27 juin 2009
Le début de mon petit périple estival fait sans nul doute partie de mon best of 2009. J’avais tellement attendu ce moment. Ce concert a été un partage intégral avec des gens que j'aime profondément, le souffle coupé par la version a capella de Home, le coup de blues monumental pendant In Your Room, mais aussi la folie pendant Master and Servant ou A Question of Time. Six mois plus tard, j’ai encore l’impression que c’était presque un concert privé tellement on était près, on entendait bien et on avait de la place.
7. Muse, Biffy Clyro @ Halle Tony Garnier, Lyon, 22 novembre 2009
Pourquoi Lyon ? Certainement pas pour le son, ni pour la setlist. Tout simplement parce que c’est le seul concert de Muse que j’ai fait où j’ai pu bouger et danser à mon aise. Alors oui je n’y voyais pas grand-chose et je m’entendais chanter plus ou moins juste, mais quel bonheur de pouvoir sauter jusqu’à plus soif sur Plug in Baby et Stockholm Syndrome. En sortant j’étais en eau, pas parce qu’il faisait trop chaud dans la salle, mais parce que j’avais bougé à en perdre le souffle. Et c’est toujours ce que j’attends d’un concert de Muse.
8. Muse, The Horrors @ Stade Couvert de Liévin, 31 octobre 2009
Premier concert-retrouvailles de ce groupe qui, malgré tout, trône encore à une place privilégiée parmi les artistes que j’aime écouter et voir en live. Après avoir perdu tous mes amis en plein milieu de la fosse, je me suis dit que le meilleur moyen de passer le concert était d’aller pogoter dans la masse avec tout un tas d’inconnus. C’est donc ce que j’ai fait pendant toute la seconde partie du concert, ce qui m’a permis de vivre le Plug in Baby le plus incroyable de ma vie. Chaleur étouffante, setlist bof, certes, mais je suis fidèle et mon corps réagit toujours aussi bien aux vieilleries musiennes.
9. Nine Inch Nails, Mew @ Philipshalle, Düsseldorf, 29 juin 2009
C’est un peu le concert fantôme dans mon esprit. Allez comprendre. Tellement de choses à digérer, un endroit inconnu, un fonctionnement très particulier, et puis un live tellement colossal qu’on ne sait plus où donner de la tête pendant presque deux heures. Les chansons s’enchaînent sans que j’aie le temps de les assimiler. Je fixe tout pour en garder le plus possible, je me laisse aveugler par les stroboscopes, je perds le souffle sur Reptile, je reste bouche bée devant Metal et The Becoming. L’impact est énorme. Tellement énorme que je me souviens de bribes de sensations et de moments d’une puissance inouïe.
10. Franz Ferdinand, Mando Diao, Kissogram @ Palacio de Deportes, Madrid, 3 avril 2009
Quel joyeux bordel, ce concert. Une fosse pleine à craquer, des mouvements dans tous les sens, mais surtout du plaisir. Franz Ferdinand, ce n’est certainement pas le groupe du siècle, ils n’ont rien inventé, mais ils respirent la joie et directement, sans prétention, leurs concerts sont toujours des grands moments qui font du bien, un peu comme une bonne glace en été, pas fondamentalement utile mais tellement agréable à déguster.
11. Marilyn Manson, Esoterica @ Palacio de Deportes, Madrid, 3 décembre 2009
La surprise. Ou pas. Dans la catégorie « le concert où je ne veux absolument pas aller mais pour lequel je craque à la dernière minute », je nomme celui du grand Brian. Après avoir visionné pas mal de vidéos de son début de tournée catastrophique, j’avais renoncé à le voir. Mais son dernier disque me plaît beaucoup. Et pas seulement celui-ci. Le jour du concert, je jette un coup d’œil sur la toile et m’aperçois que les places se revendent pour moitié prix. Je n’attends strictement rien du concert, c’est certainement pour cette raison que je me suis autant amusée. J’ai pu sentir vibrer l’ombre du maître plusieurs fois, et percevoir cette flamme qui a fait qu’un jour, Reznor a donné sa chance à Marilyn Manson. Et puis cette voix qui glace, ces cris qui viennent du fond du cœur, tout cela fait certainement écho à une émotion qui ne sort jamais que par ces deux voix. Et ça fait du bien.
12. Mogwai, Errors @ Joy Eslava, Madrid, 6 février 2009
J’avais vraiment hâte de les voir, surtout dans une salle aussi intimiste. Je n’y ai jamais fait de concert ailleurs qu’en première file. Pas que j’aie fait des queues pendant des heures, mais parce que les espagnols ont l’art d’arriver à la dernière minute et qu’en arrivant une demi-heure à l’avance, on se retrouve sans problème à la place idéale. Mogwaï ou les guitares saturées et le pouvoir de faire voyager sans paroles. Un concert d’une grande richesse, avec une première partie assurée par Errors, d’une grande qualité. La classe.
13. Muse, Biffy Clyro @ Bercy, 17 novembre 2009
Avec un retour de Biffy Clyro, alias « le groupe que j’ai vu dix fois en live sans jamais l’avoir voulu » plutôt bon, ce concert parisien fut sympathique. On attendait bien une surprise de tondwesseuh qui n’est jamais venue, mais les nouvelles projections étaient sacrément chouettes. Alors effectivement, le show ne fait pas l’émotion, c’est bien pour cela que je ne peux décemment pas placer ce concert en haut de mon classement, mais j’en garde de bons souvenirs, surtout pour avoir pu le partager avec mes amis musiens.
14. The Horrors, The Lions Constellation @ Joy Eslava, Madrid, 25 novembre 2009
Un sérieux hic pour ce concert : le son. Je me demande comment les gens n’ont pas eu les tympans perforés avec un niveau sonore aussi élevé. Il a manqué un petit quelque chose pour que ce concert soit bon du début à la fin, certainement un déclencheur pour qu’il démarre un peu plus rapidement. Ceci dit, il est fort possible que j’aie eu du mal à rentrer dedans pour diverses raisons. La fin a sauvé la prestation, pleine d’énergie et de bonnes vibrations. Cela m’a rappelé pourquoi j’aimais ce groupe.
Par PtitRouf, Jeudi 14 Janvier 2010 à 00:37 GMT+2 dans Pour le coeur















































qui me ronge tant que chaque jour elle se consume un peu plus. Je sens encore l’impact de cette voix qui me donne l’espoir et le courage d’affronter la morosité de ce quotidien si pesant.






