Claire à bulles

Concerts 2009. Pour surtout ne rien oublier.


Ce que je préfère en début d'année, outre les bonnes résolutions et les perpétuelles remises en question, ce sont ces classements qui ne servent pour ainsi dire à rien. Ah si, pardon. Ce sont des armoires à souvenirs tellement agréables à rouvrir et à ranger.

En ce qui concerne 2009, mon classement des concerts est un déchirement tant j’ai vécu de choses immenses. Et bien plus encore. J’avais senti de grandes émotions auparavant en concert, mais cette année a été la plus chargée en sensations musicales. Le plus était aussi certainement la possibilité de partager à l’infini mon ressenti, et puis sans nul doute mon état d’émotivité qui a fait que j’ai été réceptive à 300%. Dans un sens, mon horloge émotionnelle était à l’heure exacte en 2009.



Pour bien commencer ce classement, voici deux concerts que je place hors classement, sous l’intitulé Les concerts de ma vie :

Nine Inch Nails, Alec Empire @ La Riviera, Madrid, 30 juillet 2009
Nine Inch Nails, Mew @ Arena Treptow, Berlin, 30 juin 2009

Parce que je pense sincèrement qu’il est très probable que jamais plus je ne revive des moments d’une telle intensité (j’espère me tromper, bien entendu, et je ne pars jamais battue). J’ai foi en la musique et en la puissance du direct, profondément, mais malgré cette passion qui fait que je peux m’émerveiller d’un rien, j’ai senti tout mon être partir lors de ces deux concerts. Loin, tellement loin. À Berlin, après une nuit quasiment sans dormir et passée sur la route, après une journée entière passée sous la chaleur écrasante, j’ai cru que je n’aurais pas assez d’énergie pour la soirée. Ce fut presque la même histoire à Madrid, où le staff nous a fait attendre à l’arrière de la salle pendant deux heures sous un soleil de plomb (Madrid fin juillet…).

Comment décrire la perfection ? Par le fait peut-être que les imperfections rendent le moment encore plus parfait. Toutes ces petites choses que l’on aurait pu critiquer deviennent des anecdotes qui renforcent le sentiment de plénitude. Au-delà du simple concert, de la simple musique, quand je dis que je suis partie loin, je parle d’autre chose, du message, des échanges, du monde Nine Inch Nails qui m’a amené à réfléchir sur un tas de questions. Au risque de paraître illuminée (j’assume :rolling: ), pour moi NIN représente une expérience complète, tant musicale que spirituelle, philosophique, émotionnelle et humaine. Quelque chose d’unique et de difficilement descriptible. Et Madrid et Berlin ont été en quelque sorte le point culminant de ce cheminement. Et Trent Reznor qui chante Reptile en me regardant dans les yeux, je crois que jamais je ne pourrai l’oublier…

1. Nine Inch Nails, Alec Empire @ Arènes de Nîmes, 28 juillet 2009

Pour le lieu, parce que voir NIN dans un tel décors était presque inespéré. Nîmes rend les concerts magiques. Celui-ci n’a pas dérogé à la règle. Setlist parfaite et étonnante, son d’une pureté rare. Je me souviens encore du passage juste à la fin de The Frail, ce petit moment où j’espère fort entendre les premières notes de The Wrestler, comme dans And All That Could Have Been que j’ai écouté plus de cent fois sans jamais me lasser. Et puis paf, toutes ces émotions qui m’envahissent d’un coup, sans trop savoir d’où elles sortent. Un concert immense.

2. Depeche Mode, Soulsavers @ Palacio de Deportes, Madrid, 16 novembre 2009

Fin de l’année, le temps du presque bilan et le retour du froid. Après mes trois concerts modiens estivaux, dont deux qui ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable, j’attendais de retrouver le groupe avec une setlist plus dynamique. Il suffit de quelques changements pour qu’un concert passe du « bien » à « l’excellent ». J’avoue avoir une chance incroyable avec mes concerts madrilènes. Une fois de plus, j’ai eu droit à ce que je n’osais espérer : Sister of Night, World in my Eyes, Home, Behind the Wheel et One Caress. Sans oublier A Question of Time et In Your Room, que j’aime à l’infini. J’étais tout près de la scène, l’ambiance était idéale, le son plutôt très bon, j'étais bien accompagnée. En sortant de là, je n’étais que joie.

3. Editors, The Maccabees, Wintersleep @ Palacio Vistalegre, Madrid, 9 décembre 2009

Les retrouvailles de mes petits chéris se sont passées à merveille. In This Light and On This Evening est une petite pépite qui brille de mille feux en live. Comment ne pas penser au chemin parcouru par ces quatre garçons de Birmingham depuis quelques années ? Je me rappelle encore de ce concert que j’avais fait dans la Joy Eslava, toute petite salle madrilène, ancien théâtre, où j’avais découvert un Tom Smith sensible et touchant, jouant avec ses grandes mains, tantôt agité tantôt introverti. Cette fois, c’est dans une des grandes salles de la ville qu’Editors est venu présenter son nouveau disque. Définitivement, j’aime leur musique, cette voix, cette noirceur, cette façon de concevoir la vie et de la décrire. Et puis il y a ce moment où, sans trop savoir comment ni pourquoi, les notes qui se glissent dans notre petit cœur font couler quelques larmes. Des perceptions qu'on a du mal à oublier.

4. Nine Inch Nails, Mew @ Le Zénith, Paris, 7 juillet 2009

Le seul concert du groupe que j’ai fait loin de la scène. Je n’en ai même pas « souffert », j’ai pu voir au moins une fois l’effet de Head Like a Hole et de The Hand That Feeds sur une foule en délire. Un grand concert encore une fois, avec un Reptile qui a fait souffrir mes cervicales pendant quelques jours.

5. Travis, The Alexandria Quartet @ Sala Macumba, Madrid, 13 février 2009

Travis ou le groupe de l’amour. Je n’explique toujours pas pourquoi ce groupe provoque ce sentiment si particulier qui fait qu’en sortant de ses concerts, on a envie d’aimer tout le monde. Je les ai aimés par hasard, à vrai dire. Et je suis surprise à chaque fois par ce pouvoir quasi aphrodisiaque. Retrouver l’œil frisé et le sourire de Fran Healy et les clins d’œil d’Andy Dunlop, ce fut un pur bonheur. Travis est de ces groupes qui ne paient pas de mine et qui pourtant partagent tellement de choses quand ils sont sur scène.

6. Depeche Mode, M83 @ Stade de France, 27 juin 2009

Le début de mon petit périple estival fait sans nul doute partie de mon best of 2009. J’avais tellement attendu ce moment. Ce concert a été un partage intégral avec des gens que j'aime profondément, le souffle coupé par la version a capella de Home, le coup de blues monumental pendant In Your Room, mais aussi la folie pendant Master and Servant ou A Question of Time. Six mois plus tard, j’ai encore l’impression que c’était presque un concert privé tellement on était près, on entendait bien et on avait de la place.

7. Muse, Biffy Clyro @ Halle Tony Garnier, Lyon, 22 novembre 2009

Pourquoi Lyon ? Certainement pas pour le son, ni pour la setlist. Tout simplement parce que c’est le seul concert de Muse que j’ai fait où j’ai pu bouger et danser à mon aise. Alors oui je n’y voyais pas grand-chose et je m’entendais chanter plus ou moins juste, mais quel bonheur de pouvoir sauter jusqu’à plus soif sur Plug in Baby et Stockholm Syndrome. En sortant j’étais en eau, pas parce qu’il faisait trop chaud dans la salle, mais parce que j’avais bougé à en perdre le souffle. Et c’est toujours ce que j’attends d’un concert de Muse.

8. Muse, The Horrors @ Stade Couvert de Liévin, 31 octobre 2009

Premier concert-retrouvailles de ce groupe qui, malgré tout, trône encore à une place privilégiée parmi les artistes que j’aime écouter et voir en live. Après avoir perdu tous mes amis en plein milieu de la fosse, je me suis dit que le meilleur moyen de passer le concert était d’aller pogoter dans la masse avec tout un tas d’inconnus. C’est donc ce que j’ai fait pendant toute la seconde partie du concert, ce qui m’a permis de vivre le Plug in Baby le plus incroyable de ma vie. Chaleur étouffante, setlist bof, certes, mais je suis fidèle et mon corps réagit toujours aussi bien aux vieilleries musiennes.

9. Nine Inch Nails, Mew @ Philipshalle, Düsseldorf, 29 juin 2009

C’est un peu le concert fantôme dans mon esprit. Allez comprendre. Tellement de choses à digérer, un endroit inconnu, un fonctionnement très particulier, et puis un live tellement colossal qu’on ne sait plus où donner de la tête pendant presque deux heures. Les chansons s’enchaînent sans que j’aie le temps de les assimiler. Je fixe tout pour en garder le plus possible, je me laisse aveugler par les stroboscopes, je perds le souffle sur Reptile, je reste bouche bée devant Metal et The Becoming. L’impact est énorme. Tellement énorme que je me souviens de bribes de sensations et de moments d’une puissance inouïe.

10. Franz Ferdinand, Mando Diao, Kissogram @ Palacio de Deportes, Madrid, 3 avril 2009

Quel joyeux bordel, ce concert. Une fosse pleine à craquer, des mouvements dans tous les sens, mais surtout du plaisir. Franz Ferdinand, ce n’est certainement pas le groupe du siècle, ils n’ont rien inventé, mais ils respirent la joie et directement, sans prétention, leurs concerts sont toujours des grands moments qui font du bien, un peu comme une bonne glace en été, pas fondamentalement utile mais tellement agréable à déguster.

11. Marilyn Manson, Esoterica @ Palacio de Deportes, Madrid, 3 décembre 2009

La surprise. Ou pas. Dans la catégorie « le concert où je ne veux absolument pas aller mais pour lequel je craque à la dernière minute », je nomme celui du grand Brian. Après avoir visionné pas mal de vidéos de son début de tournée catastrophique, j’avais renoncé à le voir. Mais son dernier disque me plaît beaucoup. Et pas seulement celui-ci. Le jour du concert, je jette un coup d’œil sur la toile et m’aperçois que les places se revendent pour moitié prix. Je n’attends strictement rien du concert, c’est certainement pour cette raison que je me suis autant amusée. J’ai pu sentir vibrer l’ombre du maître plusieurs fois, et percevoir cette flamme qui a fait qu’un jour, Reznor a donné sa chance à Marilyn Manson. Et puis cette voix qui glace, ces cris qui viennent du fond du cœur, tout cela fait certainement écho à une émotion qui ne sort jamais que par ces deux voix. Et ça fait du bien.

12. Mogwai, Errors @ Joy Eslava, Madrid, 6 février 2009

J’avais vraiment hâte de les voir, surtout dans une salle aussi intimiste. Je n’y ai jamais fait de concert ailleurs qu’en première file. Pas que j’aie fait des queues pendant des heures, mais parce que les espagnols ont l’art d’arriver à la dernière minute et qu’en arrivant une demi-heure à l’avance, on se retrouve sans problème à la place idéale. Mogwaï ou les guitares saturées et le pouvoir de faire voyager sans paroles. Un concert d’une grande richesse, avec une première partie assurée par Errors, d’une grande qualité. La classe.

13. Muse, Biffy Clyro @ Bercy, 17 novembre 2009

Avec un retour de Biffy Clyro, alias « le groupe que j’ai vu dix fois en live sans jamais l’avoir voulu » plutôt bon, ce concert parisien fut sympathique. On attendait bien une surprise de tondwesseuh qui n’est jamais venue, mais les nouvelles projections étaient sacrément chouettes. Alors effectivement, le show ne fait pas l’émotion, c’est bien pour cela que je ne peux décemment pas placer ce concert en haut de mon classement, mais j’en garde de bons souvenirs, surtout pour avoir pu le partager avec mes amis musiens.

14. The Horrors, The Lions Constellation @ Joy Eslava, Madrid, 25 novembre 2009

Un sérieux hic pour ce concert : le son. Je me demande comment les gens n’ont pas eu les tympans perforés avec un niveau sonore aussi élevé. Il a manqué un petit quelque chose pour que ce concert soit bon du début à la fin, certainement un déclencheur pour qu’il démarre un peu plus rapidement. Ceci dit, il est fort possible que j’aie eu du mal à rentrer dedans pour diverses raisons. La fin a sauvé la prestation, pleine d’énergie et de bonnes vibrations. Cela m’a rappelé pourquoi j’aimais ce groupe.


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Top 50 Albums 2009 - Top 10


Comme promis, voici les dix disques qui m'ont le plus marquée en 2009. Je remarque après coup - mais est-ce bien surprenant? - que ce n'est pas la gaîté qui prédomine. Mais le principal, ce sont les émotions. Toujours. 

10. Mew – No More Stories...




J’omettrais la moitié de l’histoire si je ne disais pas que j’ai découvert Mew grâce à Nine Inch Nails. Ce groupe tiendra toujours dans mon cœur une place particulière pour cette raison. Il m’est désormais impossible de ne pas associer leur musique à ce qui ont été pour moi des moments d’une rare intensité émotionnelle. Contrairement à ce que l’on peut penser, la musique produite par les danois n’est pas sans lien avec celle de Trent Reznor. On y retrouve une certaine pureté, une vision de l’art, et puis cette capacité à dénuder l’âme si particulière. Comment ne pas être touché par la voix angélique de Jonas Bjerre, cet homme enfant frêle ? No More Stories... met en valeur toute l’amplitude de la beauté de Mew, du post-rock au shoegaze, flirtant avec le monde elfique de Sigur Rós.

9. Sufjan Stevens – The BQE



Le petit génie du Michigan n’est pas prêt de nous décevoir. Cette fois-ci c’est Brooklyn et son architecture qui l’inspirent, pour un projet musical et visuel d’une qualité à couper le souffle. The BQE n’est pas seulement un disque, c’est une œuvre instrumentale colossale et un documentaire personnel lumineux. Rien que pour les passages au piano du Movement I, il vaut la peine d’être écouté. Toute en finesse, l’orchestration de l’ensemble est un travail d’orfèvre. Alors lorsque l’un des songwriters les plus doués de notre temps s’attaque à une œuvre sans parole, que reste-t-il de son art ? Si Sufjan Stevens, on le sait, aime raconter des histoires, il s’efface ici au profit de ses sources d’inspiration diverses, se défaisant ainsi du carcan du format de la chanson type. Réussissant à faire parler les compositions urbaines de New York, il nous livre une œuvre à la fois très personnelle et tournée vers l’extérieur.

8. Pet Shop Boys – Yes



Pour Yes, ce sera un grand “oui”. Elle est facile, je vous l’accorde, mais mieux vaut laisser les choses claires. Ce que j’aime dans ce disque avant tout, c’est son artwork, sobre, coloré mais pas trop. On se demande ce qu’il peut bien contenir. Les Pet Shop Boys souffrent d’une image écornée par quelques tubes peu représentatifs de l’étendue de leur talent, et ce qui fait du bien à l’écoute de Yes, c’est que l’on s’aperçoit qu’ils possèdent une identité musicale extrêmement forte. Tout au long de cet album, le duo britannique nous livre des mélodies d’une grande sensibilité mélancolique. Le grand atout de ce disque, c’est certainement cette rare capacité à composer des musiques pour danser qui ne soient pas franchement joyeuses. Et c’est en cela que les Pet Shop Boys sont indispensables.

7. The Antlers – Hospice



Voici le petit dernier, parvenu dans mon top 10 sans difficulté mais en fin d’année, par simple évidence, en un rien de temps. Hospice est de ces disques qui vous submergent d’émotions dès la première écoute. On s’en doute, ce n’est pas une histoire peinte en couleurs vives, mais plutôt le fruit d’un enfermement volontaire de la part Peter Silberman, frontman du groupe. Album intimiste et glacial, ce troisième opus des Antlers est magistral de beauté. Et lorsque peu à peu, au détour d’un morceau, cette voix limpide se met à crier sa souffrance, l’impact n’en est que plus intense, alors on s’oublie lentement pour sombrer dans une puissante émotion. Ce disque parle de la mort, de l’absence, de la maladie et de l’amour. Il est comme une vague qui grandit en nous, qui vous noue la gorge, une expérience dont on ne sort pas indemne.

6. Animal Collective - Merriweather Post Pavilion



Comment décrire ce disque? Je pourrais le définir comme un ovni musical aquatique, mais il est peu probable que cette description vous éclaire. Animal Collective ne ressemble à rien d’autre, c’est un genre unique qui donne à la musique une texture palpable quasi sensorielle. Ça patauge, ça bulle, ça pleut, ça gougloute. Avec son rock psyché parfois bruitiste parfois électro, Merriweather Post Pavilion stimule nos tympans avec brio, nous plongeant dans un monde plein de couleurs et de sensations. Je peux affirmer que ma seule inquiétude était que ce premier coup de cœur de l’année, du fait de son caractère si singulier, finisse par me lasser. Je constate avec joie que mon plaisir est toujours aussi réel et qu’il gagne de la profondeur avec le temps. C’est là la marque de la – presque – perfection.

5. The December Sound - The Silver Album



The Silver Album est un de mes premiers coups de cœur de l’année. Alors que le shoegaze est en pleine expansion, les groupes du genre ont tendance à un peu tous se ressembler. Qu’y a-t-il de plus sur ce disque qui fasse qu’il trône en cinquième position de mes disques préférés de 2009 ? Je pense que ce qui frappe, c’est l’unité du tout, le pouvoir qui fait qu’une chanson isolée de cet album perd toute sa splendeur lorsqu’elle est écoutée à part. The December Sound nous offre une musique qui porte et emporte au lieu d’accrocher, pleine de résonance, d’écho, mélange subtil de mélodies planantes et de sons variés qui donnent une cohérence à l’ensemble. On susurre, le chant n’est qu’une partie d’arrière-plan bien souvent, et il faut s’y habituer, mais le tout reste comme un voyage dans l’espace. On s’y laisse prendre, on glisse petit à petit hors du temps et hors des musicalités traditionnelles, là-bas, ailleurs.

4. Muse – The Resistance



Le trio du Devon n’est plus ce qu’il était, certes. Pourtant je me rends compte que leur musique me transmet encore beaucoup, malgré ses défauts. Ce que j’aime dans ce cinquième album, c’est le message global. Mettons de côté les surproductions et la machine Warner (j’en demande peut-être un peu trop, mais essayons), The Resistance est autoproduit, c’est une œuvre extrêmement personnelle qui met en scène une prise de conscience sur le monde. Alors oui, on peut lui reprocher d’être « facile » ou « bateau », et d’aborder des sujets communs tout en étant à la botte du marketing mondial. Mais en 2009, cela m’a fait un bien fou de pouvoir chanter They will not control us ou Love is our Resistance. Parce que, aussi bête que cela puisse paraître, ça me parle. Et ma naïveté – et mon égocentrisme ? – me fait croire que l’idée d’origine rejoint aussi ce qui me ronge petit à petit.

3. IAMX - Kingdom Of Welcome Addiction



Cela fait quelques années que l’on attend que Chris Corner veuille bien nous dévoiler ce qu’il a de meilleur. Voilà enfin nos vœux exaucés avec ce Kingdom of Welcome Addiction, ce disque qui flirte avec la perfection. Lorsque l’électro noire et la voix limpide et rayonnante du leader d’IAMX ne fond plus qu’un, faisant des opposés une force, le rendu est d’une puissance inouïe. En outre, la production est enfin à la hauteur de la qualité artistique et musicale du projet, ce qui permet au groupe de prendre une toute autre envergure. IAMX émeut, accroche nos sens, frappe dans nos têtes, résonne à l’infini, jusqu’à devenir une vraie drogue. Indispensable. Plus sensible que The Alternative, plus franc que Kiss and Swallow, ce troisième opus est bien plus qu’une réussite. Il s’agit là d’une pépite brute de beauté, d’éclat et de vibrations.

2. Grizzly Bear – Veckatimest



Adepte des chœurs depuis toujours, je suis tombée en extase à l’écoute de Two Weeks, premier single de ce disque. Sensations diverses, images à foison, nostalgie et espoir, beauté, cette chanson me parle à un point réellement étonnant. Mais au-delà de ce petit bijou, Veckatimest est une œuvre qui regorge de beauté. Certes, rien n’est simple, chaque chanson est un labyrinthe dans lequel on se promène. Il faut aller et venir, en passant d’une batterie lourde aux chœurs angéliques, faisant la part belle au piano et aux sonorités intimistes. Hors des schémas refrain-couplet, ici il n’est plus question de limite ni de cadre préconçu. Pourtant l’absence de normalisation n’ôte en rien le charme à cette sorte d’anarchie musicale qui, au fil des écoutes, devient presque une évidence. La perfection, c’est peut-être bien cet art de rendre la complexité facile.

1. Editors – In this Light and on this Evening



Ce n’est pas là une grande surprise, et pourtant cela pourrait bien en être une tant la musique du quatuor de Birmingham a évolué. In this Light and on this Evening ressemble à son titre et à son artwork. Sombre et lumineux à la fois, mais de cette obscurité qui fait jaillir la lumière de manière encore plus belle, donnant à ses couleurs une intensité nouvelle. Avec ce disque, plus que jamais, Tom Smith creuse en lui pour laisser échapper cette noirceur qui dépeint avec une sincérité et une sensibilité sans égal ce que nous sommes aux fins fonds de nos abîmes. Les sonorités assurément électroniques de l’ensemble, tranchant avec l’aspect brut auquel Editors nous avait habitués jusqu’à présent, offrent à cette voix caverneuse unique un support nouveau pour se dévoiler encore un peu mieux. Pour 2009, ce disque est mon essentiel, il incarne tout ce que j’aime ressentir au travers de la musique et transmet à chaque écoute une sensation de vérité que seuls les grands sont capables d’aller chercher au fond, tout au fond d’eux-mêmes.

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Top 50 Albums 2009


2009 a été pour moi une année musicale d'une immense richesse. Preuve en est ce classement des 50 disques qui ont accroché mes oreilles et qui tournent encore chez moi, un classement subjectif, sans autre prétention que celle de partager des petits bijoux avec vous le plus sincèrement du monde. Et le top 10 arrive dès demain, avec un post pour lui tout seul. Parce qu'il le vaut bien.

50. Dream Theater – Black Clouds & Silver Linings



Un disque de Dream Theater, c’est toujours un nouveau labyrinthe où se perdre. Selon Mike Portnoy, il existe depuis toujours une alternance parfaite entre disques sombres et disques lumineux dans la discographie du groupe, et Black Clouds & Silver Linnings serait le premier opus à mettre en péril ce bon ordre, pourtant non choisi. Six petites pistes, mais toujours de la grande qualité, du lourd, du mélodique, des chansons méandreuses. Les maîtres du métal progressif ne restent jamais cantonnés à une seule facette de leur palette créative. Petite mention au single sorti à côté, une triple reprise de Queen en medley Tenement funster | Flick of the wrist | Lily of the Valley d’une immense qualité.

49. Fuck Buttons – Tarot Sport



Dans la catégorie des albums instrumentaux de l’année, Tarot Sport fait partie de ceux qui s’apprivoisent avec le temps. À la fois aérien et très rythmé, ce disque regorge de recoins à découvrir. Une électro extrêmement travaillée avec, en guise de colonne vertébrale, Olympians, plaisir intense de plus de dix minutes.

48. frYars – Dark Young Hearts



Découverte tardive de l’année, avec une chanson accrocheuse, Olive Eyes. Sans frapper fort, tout en douceur, la voix de Ben Garrett, à peine 19 ans, toujours un peu en décalé, s’impose dans nos esprits. Un disque électro-pop sans prétention, dont la particularité réside dans ce timbre peu commun, presque parlé, s’adaptant aussi bien à la jolie balade A Last Resort qu’à l’électro de Visitors et qu’à la pop de Olive Eyes.

47. Röyksopp – Junior



Junior, beaucoup plus adapté aux dancefloors que ses prédécesseurs, est certainement le disque léger de l’année. Des mélodies frappantes, des refrains accrocheurs, des ambiances pétillantes, de quoi colorer un peu à coup de fluo le panorama musical. The Girl And The Robot fait sans nul doute partie de mes meilleurs singles de l’année.

46. Arctic Monkeys – Humbug



On attendait avec impatience le nouvel opus des Arctic après l’aventure duo d’Alex Turner plutôt réussie. Très influencé par Josh Homme dans l’ambiance générale, Humbug marque une nouvelle page dans l’histoire du groupe. Plus mature, mieux produit, moins éparpillé et moins brut que les deux disques précédents, il est certainement moins facile à écouter et à dompter. On découvre une certaine lourdeur (de la patte QOTSA) qui fait du bien à des compositions soignées.

45. Danger Mouse & Sparklehouse – Dark Night of the Soul



Il s’agit sans nul doute de la collaboration la plus réussie de l’année. Dark Night of the Soul ou le mélange des genres au service de l’inventivité musicale. Cette association peu évidente aurait pu donner naissance à un disque quelque peu désuni, et pourtant, malgré sa grande variété, l’unité est un des points forts du disque. Album mélancolique, bien en accord avec son nom, il s’écoute comme on regarde un film, il est rempli d’images et de sensations.

44. Fanfarlo – Reservoir



Fanfarlo fait partie des cousins lointains d’Arcade Fire, un gage de grande qualité. Dans Fanfarlo, il y a « fanfare », et bien qu’il s’agisse d’un groupe anglais, en français son nom résonne en totale adéquation avec sa musique. Pour un premier disque, malgré de grandes influences évidentes, Reservoir possède une marque de fabrique très personnelle alliée à une production quasi parfaite. Ce qui étonne, ce sont ces arrangements si bien menés, cette maîtrise de la multitude orchestrale, tous ces petits détails qui font que le disque est à la fois riche mais pas trop, ce qui permet de transmettre une sensibilité légère mais tellement vraie.

43. Junior Boys – Begone Dull Care



Les années 1980 semblent bel et bien de retour. Cet album n’est ni new wave, ni électro, ni pop, il est un peu tout cela à la fois. Et pourtant il n’a rien de passéiste et s’avère être d’une modernité de grande classe. Begone Dull Care se déguste à toute heure, un brin kitsh, tout en retenu, et donne vie à des mélodies qui s’installent petit à petit dans notre mémoire. Lentement mais sûrement.

42. Fever Ray – Fever Ray



Quand la voix féminine des auteurs de l’immense Silent Shout se met à chanter en solo, cette musique froide, percutante, envoutante, n’en perd pourtant pas de sa profondeur. Fever Ray fait appel à des sons plus primitifs, moins électroniques. Un peu comme dans une forêt aux arbres vieux de centaines d’années, on marche, on marche dans cette atmosphère inquiétante jusqu’à perdre les traces de nos propres pas.

41. Odawas – The Blue Dephts



The Blue Dephts a des accents de Dead Can Dance, il rappelle certains classiques de musiques de films comme ceux de Vangelis ou d’Éric Serra. Tout en résonance et en mélodies aériennes, ce disque apaise et relaxe sans tomber dans l’ennui. The Case Of The Great Irish Elk et Swan Song Of The Humpback Angler en ouverture envoient l’esprit à mille lieux. Difficile de revenir après cela.

40. Great Lake Swimmers – Lost Channels



Lost Channels est un des disques folk de l’année à retenir. Simple mais sensible et efficace, c’est un mélange subtil de mélodies à la gaité rayonnante et d’airs doucement épicés d’une pointe mélancolique. On y entend les paysages canadiens, les longues routes, les couchers de soleil hivernaux et les étendues infinies. Un disque qui sent la liberté.

39. The Little Hands Of Asphalt – Leap Years



Pour son premier disque en solo, Sjur Lyseid propose tout en délicatesse onze compositions folk d’une douceur exquise. Sans tomber dans le mielleux insipide, Leap Years nous offre de partir à Oslo le temps d’une écoute, et certainement bien plus, vu la qualité mélodique de l’ensemble. On se prend à regarde le ciel en pensant que finalement, faire de la musique, c’est tellement facile. Voici un disque qui coule tout seul, qui sent la nature et les heures solitaires, mais qui n’en fait pas tout un drame.

38. Wild Beasts – Two Dancers



La musique de Wild Beasts n’est pas facile à décrire. C’est un peu comme l’association de plusieurs genres qui, a priori, n’ont pas grand-chose à voir les uns avec les autres, une sorte de melting pot étonnant mais pourtant pas incohérent. Prenez un chant lyrique proche du style classique, quelques accents d’électro-pop, une pointe de post rock, quelques bulles synthétiques et une pincée de dream pop, mélangez bien. Two Dancers ne ressemble à rien d’autre. Il faut simplement se laisser porter par sa légèreté, sa poésie et ses percussions mises en valeur avec brio.

37. A Place to Bury Strangers – Exploding Head



Voici un disque dont le titre en dit long sur le contenu. Exploding Head est un sombre équilibre entre des guitares saturées, des mélodies de l’au-delà et un écho métallique, créant une sensibilité froide et une profondeur multipliée par la résonance. Avec ce rock à tendance shoegaze, le groupe nous livre là une œuvre impactante qui flirte avec le son de The Jesus And Mary Chain ou des Cure.

36. Project Pitchfork – Dream, Tiresias!



Après vingt ans de loyaux services, Project Pitchfork démontre avec ce très réussi Dream, Tiresias ! que l’électro-indus n’est pas datée et que leur formule hybride couplant l’indus à la new wave peut s’avérer efficace. On accroche facilement aux sonorités très électroniques, mais également aux éléments proches de l’identité indus qui rendent le résultat beaucoup plus riche et moins répétitif que si le groupe était resté dans un genre propre. Au bout du compte, le rendu est varié mais harmonieux. Il ravira certainement les fans d’électro-pop, d’indus et de métal électronique.

35. Archive – Controlling Crowds



La sortie d’un nouvel album d’Archive est toujours un point d’interrogation tant les styles sont variables. Entre les changements des membres et les fluctuations des genres, on s’y perdrait presque. On se demande au bout du compte comment ce groupe a-t-il réussi à créer une unité musicale. Et puis au final on est surpris de voir qu’il y a un lien entre tout cela, un lien invisible qui fait que l’enchaînement des chansons n’est pas surprenant. Controlling Crowds marque le retour de Rosko John, faisant ainsi la part belle à l’aspect trip hop qui n’avait pas été si bien mis en valeur depuis Londinium. On s’y perd encore, certes, mais c’est aussi le charme d’Archive.

34. Manic Street Preachers – Journal For Plague Lovers



N’allez pas chercher là des inventions sonores ni des nouveautés musicales. Le rock des Manics est simple mais d’une efficacité qui s’affirme à chaque écoute. Leur petit secret, c’est certainement une bonne dose de mélodies accrocheuses, mais aussi une voix reconnaissable parmi tant d’autres. James Dean Bradfield s’adapte aussi bien à des rythmes rugueux qu’à des balades romantiques. Alors on se laisse emporter, aussi bien par l’énergie de Bad Lady que par la douceur de This Joke Sport Severed.

33. Mono – Hymn To The Immortal Wind



Ce disque est d’une beauté à toute épreuve. Il transporte à l’infini. Très proche de la musique classique mais toujours dans la veine post-rock, Mono offre là un opus d’une immense qualité. Chaque piste est un monde, une route à emprunter sans peur. Et puis des images se mettent à défiler, un peu comme par magie. Hymn to the Immortal Wind est comme un voyage en sept temps. C’est pur, c’est puissant et bouleversant.

32. Ghinzu – Mirror Mirror



Avec Mirror Mirror, les bruxellois nous offrent un album à la première partie parfaite. Musique électrique, métallique, à l’image de l’artwork choisi, réchauffée par la voix de John Stargasm. Take it Easy et The Dream Maker font partie de mes chansons de l’année. Ce disque est plein d’énergie, plein de couches musicales qui font que chaque écoute apportera sa découverte. Il peut être rapidement addictif mais s’avère plus complexe qu’à première vue, regorgeant de détails. Du easy listening intelligent et délicat, voilà tout l’art de Ghinzu.

31. Archive – Controlling Crowds Part IV



Cette quatrième partie de la session “Controlling Crowds” aurait pu s’appeler tout autrement tant elle forme une belle unité. Plus aérienne, plus subtile que les trois premières parties. Plus délicate aussi dans son ensemble. C’est un peu le bonus qui dépasse le disque original.

30. Dredg – The Pariah, The Parrot, The Delusion



On attendait le retour de Dredg depuis 2005. Le groupe californien a pris son temps pour terminer un de leurs meilleurs disques. Tout en gardant la subtilité de Catch Without Arms, ils ont su chercher une nouvelle musicalité, plus riche encore, s’appuyant toujours sur la pureté de la voix de Gavin Hayes. Comme s’ils assumaient enfin toute la palette de leurs influences, tantôt rock progressif, tantôt électro, voire post-rock, avec des touches de métal de ci de là, The Pariah, The Parrot, The Delusion est un gros morceau, un peu comme un gros livre mettant en scène une multitude de personnages. En le refermant, on n’a plus qu’une seule envie : le relire pour mieux en comprendre les fondements et les secrets.

29. Deastro – Moondagger



Moondagger est un album psychédélique qui évite tous les pièges du genre. Tout est parfaitement dosé, il n’est ni trop lointain, ni trop coloré. Non conventionnel, aux structures sinueuses, il met en valeur des compositions réellement étonnantes grâce à une électro tout en nuances. C’est le genre de disque sur lequel on revient sans cesse, avec des passages de toute beauté et des rythmiques qui se gravent dans l’inconscient.

28. Motor – Metal Machine



J’ai découvert Motor en première partie de la tournée de Depeche Mode. Et dans un coin de ma tête, il y a toujours ce disque qui est là, prêt à surgir. Avec sa techno minimaliste, Metal Machine porte bien son nom. Chaque chanson permet à la machine de s’allumer et de prendre vie. Et chaque bouton libère une sensation différente. Rapidement on s’y laisse prendre, les pulsations se mettent à battre de plus en plus fort, et paf, notre tête bouge toute seule. En bref, un album indispensable.

27. Kings of Convenience – Declaration of Dependence



C’est simple, c’est beau. Certes, il n’y a rien de novateur dans la musique des Kings of Convenience, mais est-il obligatoirement nécessaire de réinventer la musique pour qu’elle transmette des émotions ? Declaration of Dependence écrit la folk en majuscule. Sincère, doux, utilisant la subtilité de deux voix qui s’accordent à la perfection, ce disque se savoure de A à Z, sans laisser de côté aucune note. Un petit bijou.

26. The Gossip – Music for Men



Music for Men est peut-être le disque le plus addictif de l’année. Subtil mélange de disco et de rock, il est quasi exclusivement composé de chansons à propension tubesque. Outre Heavy Cross, Pop Goes the World ou Love Long Distance adaptés aux dancefloors, tous les titres sans exception sont des tubes en puissance. Ils restent dans la tête pour ne plus jamais s’en déloger. Gage de qualité, à mon goût.

25. Morrissey – Years of Refusal



Malgré une musicalité quelque peu atypique, le Mozz et sa voix d’une justesse à toute épreuve, proposent ici un disque pensé avec élégance, s’accordant avec les textes retraçant ces Years of Refusal. Le petit plus repose dans ce côté western classieux, ces rythmes cadencés, comme sur le refrain de Black Cloud ou l’introduction de When last I talk to Carol, mêlant galop et guitare acoustique, et toujours la voix du Mozz qui se pose avec grâce sur ce paysage. En termes de musicalité, il y a là une recherche mélodique et artistique d’une richesse incroyable. Il n’en reste pas moins un disque à part. Inclassable. Et difficile à ressentir également.

24. Mayer Hawthorne – A Strange Arrangement



Voici un disque venu d’un autre temps. On a un peu de mal à croire que ce disque date de 2009. Très rétro, à l’image de l’artwork, très soul, mais ni kitsh ni ennuyeux. On aurait bien vu Just Ain't Gonna Work Out dans la BO de Jackie Brown. A Strange Arrangement sent les bars des années 1960, enfumés, avec leur pianiste à chapeau. La production est parfaite, et même s’il est étonnant de faire un buzz avec ce type de musique d’antan, il n’en reste pas moins un album de grande qualité.

23. The Leisure Society – The Sleeper



The Sleeper est une invitation au rêve. On y trouve une folk fraîche, des chœurs harmonieux, un subtil mélange de guitares, violons, flûtes, banjos… C’est pur, c’est joyeux, les mélodies sont douces, presque enfantines. En bref, c’est un disque qui fait du bien sans tomber dans la simplicité trop évidente.

22. Bill Callahan – Sometimes I Wish We Were an Eagle



Cette voix est un don du ciel. Reconnaissable parmi des milliers, voix apaisante, réconfortante, profonde et au pouvoir envoutant. La première fois que ce disque a tourné chez moi, ce fut comme une évidence. Quelle merveille ! Sometimes I Wish We Were an Eagle, c’est la classe mondiale. Beau, élégant, intense, tout simplement.

21. Loney Dear – Dear John



Voici un disque qui prend le coeur par les sentiments. Ce qui surprend, c’est la richesse des compositions, mêlant les mélodies pop-folk à des sonorités électro. Outre la douceur de la voix de Emil Svanängen, il y a tellement de choses qui font vibrer sur ce Dear John. L’unité émotionnelle des onze chansons présente un univers qui n’est pas si loin de celui de Sigur Rós, parfois épique, foisonnant, mais souvent dans la retenue.

20. Memory Tapes – Seek Magic



La dream-pop de Memory Tapes doit avec quelque chose de plus pour que l’on se prenne à fredonner ses airs sans crier gare. Il existe dans ce disque les ingrédients parfaits pour lutter contre l’ennui grâce notamment à des rythmes variés et à des compositions tantôt mélancoliques, tantôt joyeuses. Le fond sonore ambiant est d’une grande légèreté et permet à Seek Magic d’offrir une vision musicale unique.

19. WHY? – Eskimo Snow



Eskimo Snow ressemble à un bouquet de fleurs. Il s’ouvre sur un chœur sobre, ce sentiment de multitude qui ne lâchera pas l’album jusqu’à sa fin. Affichant d’emblée les couleurs de la mélancolie, WHY ? nous propose un disque très disparate, comme un miroir intime d’une âme en pleine remise en question. On se ballade au grè des histoires que racontent ces compositions foisonnantes. Et l’on en devient à chaque écoute un peu plus riche.

18. The Horrors – Primary Colours



Dans la catégorie des disques qui demandent une période d’apprivoisement relativement longue, Primary Colours pourrait bien remporter la palme en cette année 2009. Il existe deux images antagonistes de ce groupe. D’une part, sa jeunesse, son manque d’expérience, et d’autre part la profondeur déconcertante de sa musique, cette espèce de maturité incroyable qui s’en dégage. Encensés par Reznor, choisis en première partie pour une partie de sa tournée américaine, The Horrors ont longtemps fait figure d’énigme dans mes oreilles. On n’est pas très loin de la tendance shoegaze, avec une pointe de new wave, des sons distordus, crissants, parfois assourdissants. Un disque puissant et magistral.

17. Depeche Mode – Sounds of the Universe



Après la bombe Playing the Angel, on attendait avec grande impatience la suite. Sounds of the Universe ne restera pas au somment de la discographie modienne. Cependant il faut saluer l’effort et les points positifs de ce disque plutôt homogène. Wrong est peut-être le meilleur single de l’année, avec un clip percutant, dérangeant, qui, à sa sortie, semblait marquer un renouveau inventif dans la carrière de Martin L. Gore. Presque trente ans après leurs débuts, Depeche Mode reste pourtant un pilier indétrônable du paysage musical moderne et avant-gardiste, et ce disque est un très honorable travail qui mérite sans nul doute de figurer parmi les vingt tout meilleurs de l’année.

16. Mumford & Sons – Sigh No More



Encore une bien jolie galette de la planète folk qu’il ne faudra pas oublier d’écouter ni au coin du feu, ni au soleil printanier, ni sous les manteaux colorés par l’automne, ni sur les routes estivales. Sigh No More, ou comment soupirer de plaisir, la tête dans la folie joyeuse de ce plus proche cousin d’Arcade Fire, impactant, épique, sensible.

15. Pet Shop Boys – Christmas EP



Le cadeau de Noël du duo anglais, comme un petit paquet qui ne paie pas de mine, nous offre avec ses cinq pépites un moyen de revisiter la musique. Car les Pet Shop Boys incarnent la modernité et nous le prouvent ici une fois de plus, avec des remix judicieux et fort travaillés qui apportent réellement un plus aux chansons originales. La version de My Girl, reprise de Madness, est un vrai bonheur, et en outre, les Pet Shop Boys ne sont pas avares et nous en délivrent deux pour le prix d’une. Ce Christmas EP est bel et bien le bonus indispensable de leur excellent Yes.

14. Lotus Plaza – The Floodlight Collective



Lotus Plaza, c’est comme une voix de l’inconscient, sorte de voix fantôme, qui plane au-dessus de nos têtes. Des mélodies psychédéliques entêtantes, de l’écho, des distorsions nuancées, The Floodlight Collective nous envole en un rien de temps dans un océan où tout se mélange avec bonheur. Ça bourdonne, ça scintille, ça vibre, ça rayonne. Et on se laisse porter par l’apesanteur mélodique sans bouger le petit doigt.

13. Atlas Sound – Logos



La pochette de Logos n’est autre que le corps de Bradford Cox, alias Atlas Sound, un corps malade dont la vision transmet une douleur terrible et terrifiante. Logos est donc, tel cette image, une transmission intime, un voyage entre la vie et la mort avec tout ce que cela peut contenir. Artiste entier, dédié à cent pour cent à sa musique, peut-être pour penser à la fatalité de son destin d’une façon plus poétique que morbide, Atlas Sound nous offre un joyau de vérité, brut et sacré, comme une ode sans souffrance, légère et aérienne.

12. Julian Plenti – Julian Plenti Is... Skyscraper



Paul Banks a réussi son pari, celui de se lancer dans un projet solo à l’écart d’Interpol et de composer un disque de très grande qualité. Ce qui surprend, c’est la facilité avec laquelle il s’écoute. Sombre et envoutant, surprenant du fait de certains arrangements, Julian Plenti is… Skyscraper parvient à amener l’auditeur dans un monde en parallèle, une nouvelle facette de ce qu’est l’artiste génial du groupe new yorkais. Clairement, cela ne pouvait pas être du Interpol. C’est pourtant tout aussi percutant et ténébreux, bien que moins glacial. Ces onze chansons cachent même un peu de chaleur.

11. Marilyn Manson – The High End of Low



Le plus mauvais disque de Marilyn Manson aux yeux de sa maison de disques (qui lui aura valu un licenciement) fait pourtant partie de ce que j’ai le plus aimé au court de cette année. L’ouverture sur Devour est un cri du cœur qui ne pouvait me laisser insensible. J’ai la faiblesse de croire en la sincérité des artistes, et par conséquent il m’est très compliqué de percevoir l’œuvre du grand Brian comme une grande escroquerie. The High End of Low présente à peu près toutes les facettes de l’élève de Reznor, il y a l’énergie, il y a le rythme, les cris, l’amour, les sujets qui fâchent, l’introspection. Manson frappe fort et frappe juste. Et puis il y a cette voix qui glacera votre cœur jusqu’à le fissurer. Un grand disque.

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Art is resistance


À deux jours des retrouvailles, beaucoup de choses trottent dans ma tête. Un seul et unique motif me permet de tenir debout. Ce sont ces grandes phrases, ces cris qui viennent de tout au fond, cette volonté démesurée de vouloir rester lucide tout en hurlant la colère qui me ronge tant que chaque jour elle se consume un peu plus. Je sens encore l’impact de cette voix qui me donne l’espoir et le courage d’affronter la morosité de ce quotidien si pesant.
 
À quoi bon se lever ? Se coucher ? J’aimerais m’endormir pour ne plus jamais me réveiller. Ou bien me réveiller enfin. Je ne sais plus.
 
Plus de force, plus de lumière. Dans ce noir intense, les petites étincelles qui parviennent à s’échapper brillent encore plus fort. J’ai dans l’idée qu’il me reste encore une part de liberté, cette mince manœuvre qui consiste à rechercher le bonheur dans la musique pour y trouver toute l’émotion dont mon cœur a besoin. Et partir au-delà. C’est là ma conception du partage, la toute petite pierre que j’apporte à cette lutte constante contre la violence et la sévérité de la vie qui nous prennent à bras le corps. C’est aussi le pilier auquel je suis si fermement attachée, ma protection, et la garantie qu’il y a encore de belles choses à découvrir et des sensations si intenses à vivre.

C'est un mode de vie, une manière d'être et de penser, un instinct de survie, un moyen de préserver cette part de moi qui n'est pas atteinte et qui me sert de poumon de secours. Ma façon d'agir face à tous ces murs qui m'en empêchent.

          

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