Claire à bulles

Tchu tchuûû, mon top concerts 2010


De retour après des milliers d'années... Les traditionnels "tops" se sont accaparés de ma fin d'année, je n'ai pu les ignorer. Alors j'ai pris le taureau par les cornes, j'ai retroussé mes manches et j'ai mis mes mains dans le cambouis. 2010 n'a certes pas été une année exceptionnelle (à cause de l'immensité de celle qui la précédait, sans nul doute), mais elle m'a apporté son lot de petits bonheurs et d'émotions tant auditives que sensorielles.

Ne faisons pas la fine bouche. Globalement ce fut une très bonne année musicale malgré les quelques déceptions. Je retiendrai surtout ces dix grands moments. Parce que c'est difficile de classer mais qu'on raffole de ce moment, parce que les images que l'on a se mélangent après quelques temps et que l'on peut alors savoir à quoi ressembleront les souvenirs, parce qu'on tente d'être objectif mais qu'on sait qu'on sera incapable de l'être. Alors plouf plouf, voilà mon top.

1. Interpol, 13 novembre 2010, Palacio Vistalegre
L’émotion, le son, les attentes, les pas de danse de Daniel Kessler, le bonheur, tout simplement. Le concert qui m’a fait couler le plus de larmes est en tête, c’est la logique de l’art. The Lighthouse restera, je pense, gravée dans ma mémoire pour un bout de temps. En dépit d’un disque plus que moyen, Interpol sait transmettre en live ces vibrations si particulières qui en font un groupe unique.

2. Editors, 23 juillet 2010, Low Cost Festival, Parque de l'aigüera, Benidorm
J’ai fait le déplacement exclusivement pour eux, j'ai bravé la chaleur et l'horreur de Benidorm pour parvenir jusqu'à eux, et comme d’habitude pas de déception. Septième fois déjà pour moi... Au troisième rang dans une arène très jolie, un très bon concert malgré une setlist un peu moyenne. Je les aime d’amour, ces petits, et ce sera pour moi toujours un vrai bonheur de les voir en direct.

3. IAMX, 26 mars 2010, Sala Caracol
Kingdom of Welcome Addiction est un des disques qui ont le plus marqué mon année 2009, j’avais hâte d’écouter ces titres en direct. IAMX en live, ça claque, ça vibre, c’est enivrant, c’est un peu fou aussi. Et chaque concert est meilleur que le précédent. Vivement celui de 2011!

4. God Is an Astronaut & Junius, 3 juin 2010, Sala Rock Kitchen
C’est le concert typique auquel on assiste parce qu’on aime bien le groupe et dont on ressort complètement chamboulé. Quelle puissance! Quel professionnalisme! Un set carré, efficace et d’une très grande classe.

5. Front 242 & Interfront, 5 novembre 2010, Sala Heineken
Ce concert était tout simplement énorme. À un moment je me suis demandée ce que je faisais là, à regarder gigoter deux types au crâne rasé en tenue militaire, lunettes noires. Mais c’était tellement puissant que j’ai oublié le décor pour prendre toute cette énergie révolutionnaire dans les dents. Ça fait un bien fou.

6. John Grant & Edwyn Collins, 27 novembre 2010, Primavera Club, Sala Rock Kitchen
John Grant, où l’une de mes plus belles découvertes de l’année. Un bucheron barbu au piano, un elfe des bois à la flute traversière, et le tour est joué. Magnifique, tout simplement. En deuxième partie de soirée, Edwyn Collins et sa grande humilité sont montés sur scène pour enflammer la salle. Quand on ressort d’un concert le sourire aux lèvres, c’est toujours bon signe.

7. Arcade Fire, 20 novembre 2010, Palacio de Deportes
Arcade Fire était en tête de ma liste des groupes que je rêvais de voir en live. Ce concert aurait pu (aurait dû?) se placer au sommet de ce classement, mais les problèmes acoustiques l’ont malheureusement fait dégringoler. J’en attendais tellement, j’avais tellement hâte de vivre cette communion que ce détail est devenu un réel inconvénient. Et soyons honnête, j’ai beau les aimer beaucoup, gâcher l’acoustique du Palacio de Deportes, c’est une vraie contreperformance.

8. Nitzer Ebb & Recoil, 13 mars 2010, Sala Macumba
Deux heures trente pour se faire retourner la tête. Une ouverture magistrale en guise de première partie avec Recoil. On se laisse emporter. Et puis c’est l’envol sur orbite industrielle. Paf, sans prévenir. Impressionnant.

9. Brendan Perry, 16 mars 2010, Sala Heineken
Jamais je n’aurais cru avoir la chance de le voir sur scène, et pourtant. Une petite salle dans le noir, une guitare qui résonne et cette voix qui vous envoute. Le son pénètre dans chacun de vos pores. La voix masculine de Dead Can Dance est une perle rare, on la sent évoluer en nous comme une fleur qui pousserait au travers de notre corps. Et ça fait tout bizarre.

10. Muse, Kasabian, White Lies, DeVotchKa, 12 juin 2010, Stade de France
Ma madeleine. Un concert la veille extrêmement décevant. Et puis il suffisait de changer deux ou trois titres de la setlist pour retrouver ces sensations qui font que je continue d’aller les voir encore et encore. Butterflies and Hurricanes ou le retour du piano, rien que ces quelques notes. C’est suffisant pour que cela vaille la peine.

Mentions spéciales.

The Leisure Society, 20 janvier 2010, Sala Moby Dick
Des petits oiseaux dans les oreilles, du yukulélé, des voix multiples, c’est joli et ça fait du bien.
The Album Leaf, 26 février 2010, La Boite
Une mini salle et un concert plutôt réussi. Je me suis envolée à une ou deux reprises, de quoi être rassasiée.
Shearwater, 8 mars 2010, Sala Moby Dick
Le grand bonhomme qu’on aurait dit basketteur nous a emmenés sur son archipel en quelques chansons. De belles émotions.
Crystal Castles, 2 novembre 2010, La Riviera
Pour se remettre dans le bain après l’été, ce concert était idéal. J’avais l’impression d’avoir pénétré le circuit d’une game boy géante.
Wild Nothing, 26 novembre 2010, Sala Rock Kitchen
Gemini est un de mes disques de l’année, le live était vraiment agréable. Cette dream pop colorée a réchauffé mon hiver.
The Hundred in the Hands
, 26 novembre 2010, Circulo de Bellas Artes
Très joli décor pour embarquer à bord d’un navire électro new yorkais heureux devant son public.

Les flops.

Arctic Monkeys, 5 février 2010, Palacio Vistalegre
La salle est vraiment désastreuse pour l’acoustique. À part ça, le show n’en valait pas la peine.
Rufus Wainwright, 5 mai 2010, Circo Teatro Price
La plus grosse déception de l’année, sans nul doute. Beaucoup d’ennui. Je préfère rester avec mon souvenir de 2007.
Muse, Editors, The Big Pink, 11 juin 2010, Stade de France
Quand setlist pourrie rime avec concert raté. Première déception musienne.
Hurts, 23 juin 2010, Sala Charada
L’erreur de casting de l’année. On annonçait le nouveau groupe new wave de la décennie, ils ont encore beaucop de travail et se sont, de mon point de vue, trompé de route.
    

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À propos des madeleines


Le joli mois de juin. L’hiver parti, le soleil qui chauffe. Un peu, beaucoup.

Mon blog est à l’abandon, j’en suis fort triste, surtout que je l’abandonne parce que je n’ai plus assez de souffle pour écrire sur quoi que ce soit, et ce malgré l’envie. Six mois sont passés depuis le dernier post. Six mois plutôt bien remplis, à vrai dire, j’ai surtout pris du temps pour regarder autour de moi.

Dans les nouvelles musicales, il y a eu l’apparition de How to Destroy Angels et de sa petite perle, A Drowning, en mode « repeat » dans mes oreilles. Trent Reznor en a encore sous le pied et c’est un vrai bonheur de s’en rendre compte.
J’ai fait une pink-floydite aigüe. Vous savez, cette espèce d’envie viscérale d’écouter un groupe parce que sa musique vous touche à un moment donné. Une obsession passagère qui revient à intervalles réguliers, souvent pour des albums classiques.

Dans le bac des plus jolies écoutes, quatre disques se placeront sans nul doute dans mon top 2010. Le nouvel album de The National en premier lieu, High Violet. Une voix caverneuse à la Tom Smith, une batterie rythmant la profonde noirceur d’un disque réellement magnifique. Mention spéciale pour Runaway dont je ne parviens pas à me décrocher.



Il faut également savourer la douceur de Teen Dream, troisième opus de Beach House, un disque de l’été sorti en hiver, sucré, coloré mais avec une pointe de nostalgie.
Je ne peux pas oublier l’EP de How to Destroy Angels, donc, six titres totalement reznoriens pour une voix plutôt agréable. Des méandres, des sons qui rappellent The Slip, une profondeur qui ne s’endort jamais. Un nouveau registre mais pas tout à fait. Une expérience intéressante, dans tous les cas.
Et pour terminer, impossible d’oublier le petit nouveau de pure beauté, Becoming A Jackal de Villagers, fin, beau, pas bien loin de l’immense Hospice de The Antlers (l’un de mes disques phares de 2009), tout en douceur, avec du piano au début, au milieu et à la fin, et un sens de la mélodie de grande qualité. Des sensations d’une grande intensité, un vrai bonheur.

La semaine dernière, j’ai dépassé la barre spirituelle (mais bien réelle) des 10.000 écoutes de Nine Inch Nails scrobblées sur Lastfm. C’est du charabia, tout ça, mais si je fais un simple calcul, cela signifie que j’ai écouté ce groupe pendant environ 660 heures (seulement à la maison, c’est-à-dire sans compter mes ballades multiples avec mon lecteur mp3 branché sur mes oreilles), ce qui correspondrait à vingt-huit jours complets, 24h/24h. Comme si j’avais passé un mois entier sans respirer à faire tourner The Fragile, Year Zero et leurs copains dans ma tête. Je trouve que c’est dingue.





Et dans trois jours je décolle pour Paris, pour vivre deux jours magnifiques, je l’espère. J’ai hâte.
 

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Concerts 2009. Pour surtout ne rien oublier.


Ce que je préfère en début d'année, outre les bonnes résolutions et les perpétuelles remises en question, ce sont ces classements qui ne servent pour ainsi dire à rien. Ah si, pardon. Ce sont des armoires à souvenirs tellement agréables à rouvrir et à ranger.

En ce qui concerne 2009, mon classement des concerts est un déchirement tant j’ai vécu de choses immenses. Et bien plus encore. J’avais senti de grandes émotions auparavant en concert, mais cette année a été la plus chargée en sensations musicales. Le plus était aussi certainement la possibilité de partager à l’infini mon ressenti, et puis sans nul doute mon état d’émotivité qui a fait que j’ai été réceptive à 300%. Dans un sens, mon horloge émotionnelle était à l’heure exacte en 2009.



Pour bien commencer ce classement, voici deux concerts que je place hors classement, sous l’intitulé Les concerts de ma vie :

Nine Inch Nails, Alec Empire @ La Riviera, Madrid, 30 juillet 2009
Nine Inch Nails, Mew @ Arena Treptow, Berlin, 30 juin 2009

Parce que je pense sincèrement qu’il est très probable que jamais plus je ne revive des moments d’une telle intensité (j’espère me tromper, bien entendu, et je ne pars jamais battue). J’ai foi en la musique et en la puissance du direct, profondément, mais malgré cette passion qui fait que je peux m’émerveiller d’un rien, j’ai senti tout mon être partir lors de ces deux concerts. Loin, tellement loin. À Berlin, après une nuit quasiment sans dormir et passée sur la route, après une journée entière passée sous la chaleur écrasante, j’ai cru que je n’aurais pas assez d’énergie pour la soirée. Ce fut presque la même histoire à Madrid, où le staff nous a fait attendre à l’arrière de la salle pendant deux heures sous un soleil de plomb (Madrid fin juillet…).

Comment décrire la perfection ? Par le fait peut-être que les imperfections rendent le moment encore plus parfait. Toutes ces petites choses que l’on aurait pu critiquer deviennent des anecdotes qui renforcent le sentiment de plénitude. Au-delà du simple concert, de la simple musique, quand je dis que je suis partie loin, je parle d’autre chose, du message, des échanges, du monde Nine Inch Nails qui m’a amené à réfléchir sur un tas de questions. Au risque de paraître illuminée (j’assume :rolling: ), pour moi NIN représente une expérience complète, tant musicale que spirituelle, philosophique, émotionnelle et humaine. Quelque chose d’unique et de difficilement descriptible. Et Madrid et Berlin ont été en quelque sorte le point culminant de ce cheminement. Et Trent Reznor qui chante Reptile en me regardant dans les yeux, je crois que jamais je ne pourrai l’oublier…

1. Nine Inch Nails, Alec Empire @ Arènes de Nîmes, 28 juillet 2009

Pour le lieu, parce que voir NIN dans un tel décors était presque inespéré. Nîmes rend les concerts magiques. Celui-ci n’a pas dérogé à la règle. Setlist parfaite et étonnante, son d’une pureté rare. Je me souviens encore du passage juste à la fin de The Frail, ce petit moment où j’espère fort entendre les premières notes de The Wrestler, comme dans And All That Could Have Been que j’ai écouté plus de cent fois sans jamais me lasser. Et puis paf, toutes ces émotions qui m’envahissent d’un coup, sans trop savoir d’où elles sortent. Un concert immense.

2. Depeche Mode, Soulsavers @ Palacio de Deportes, Madrid, 16 novembre 2009

Fin de l’année, le temps du presque bilan et le retour du froid. Après mes trois concerts modiens estivaux, dont deux qui ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable, j’attendais de retrouver le groupe avec une setlist plus dynamique. Il suffit de quelques changements pour qu’un concert passe du « bien » à « l’excellent ». J’avoue avoir une chance incroyable avec mes concerts madrilènes. Une fois de plus, j’ai eu droit à ce que je n’osais espérer : Sister of Night, World in my Eyes, Home, Behind the Wheel et One Caress. Sans oublier A Question of Time et In Your Room, que j’aime à l’infini. J’étais tout près de la scène, l’ambiance était idéale, le son plutôt très bon, j'étais bien accompagnée. En sortant de là, je n’étais que joie.

3. Editors, The Maccabees, Wintersleep @ Palacio Vistalegre, Madrid, 9 décembre 2009

Les retrouvailles de mes petits chéris se sont passées à merveille. In This Light and On This Evening est une petite pépite qui brille de mille feux en live. Comment ne pas penser au chemin parcouru par ces quatre garçons de Birmingham depuis quelques années ? Je me rappelle encore de ce concert que j’avais fait dans la Joy Eslava, toute petite salle madrilène, ancien théâtre, où j’avais découvert un Tom Smith sensible et touchant, jouant avec ses grandes mains, tantôt agité tantôt introverti. Cette fois, c’est dans une des grandes salles de la ville qu’Editors est venu présenter son nouveau disque. Définitivement, j’aime leur musique, cette voix, cette noirceur, cette façon de concevoir la vie et de la décrire. Et puis il y a ce moment où, sans trop savoir comment ni pourquoi, les notes qui se glissent dans notre petit cœur font couler quelques larmes. Des perceptions qu'on a du mal à oublier.

4. Nine Inch Nails, Mew @ Le Zénith, Paris, 7 juillet 2009

Le seul concert du groupe que j’ai fait loin de la scène. Je n’en ai même pas « souffert », j’ai pu voir au moins une fois l’effet de Head Like a Hole et de The Hand That Feeds sur une foule en délire. Un grand concert encore une fois, avec un Reptile qui a fait souffrir mes cervicales pendant quelques jours.

5. Travis, The Alexandria Quartet @ Sala Macumba, Madrid, 13 février 2009

Travis ou le groupe de l’amour. Je n’explique toujours pas pourquoi ce groupe provoque ce sentiment si particulier qui fait qu’en sortant de ses concerts, on a envie d’aimer tout le monde. Je les ai aimés par hasard, à vrai dire. Et je suis surprise à chaque fois par ce pouvoir quasi aphrodisiaque. Retrouver l’œil frisé et le sourire de Fran Healy et les clins d’œil d’Andy Dunlop, ce fut un pur bonheur. Travis est de ces groupes qui ne paient pas de mine et qui pourtant partagent tellement de choses quand ils sont sur scène.

6. Depeche Mode, M83 @ Stade de France, 27 juin 2009

Le début de mon petit périple estival fait sans nul doute partie de mon best of 2009. J’avais tellement attendu ce moment. Ce concert a été un partage intégral avec des gens que j'aime profondément, le souffle coupé par la version a capella de Home, le coup de blues monumental pendant In Your Room, mais aussi la folie pendant Master and Servant ou A Question of Time. Six mois plus tard, j’ai encore l’impression que c’était presque un concert privé tellement on était près, on entendait bien et on avait de la place.

7. Muse, Biffy Clyro @ Halle Tony Garnier, Lyon, 22 novembre 2009

Pourquoi Lyon ? Certainement pas pour le son, ni pour la setlist. Tout simplement parce que c’est le seul concert de Muse que j’ai fait où j’ai pu bouger et danser à mon aise. Alors oui je n’y voyais pas grand-chose et je m’entendais chanter plus ou moins juste, mais quel bonheur de pouvoir sauter jusqu’à plus soif sur Plug in Baby et Stockholm Syndrome. En sortant j’étais en eau, pas parce qu’il faisait trop chaud dans la salle, mais parce que j’avais bougé à en perdre le souffle. Et c’est toujours ce que j’attends d’un concert de Muse.

8. Muse, The Horrors @ Stade Couvert de Liévin, 31 octobre 2009

Premier concert-retrouvailles de ce groupe qui, malgré tout, trône encore à une place privilégiée parmi les artistes que j’aime écouter et voir en live. Après avoir perdu tous mes amis en plein milieu de la fosse, je me suis dit que le meilleur moyen de passer le concert était d’aller pogoter dans la masse avec tout un tas d’inconnus. C’est donc ce que j’ai fait pendant toute la seconde partie du concert, ce qui m’a permis de vivre le Plug in Baby le plus incroyable de ma vie. Chaleur étouffante, setlist bof, certes, mais je suis fidèle et mon corps réagit toujours aussi bien aux vieilleries musiennes.

9. Nine Inch Nails, Mew @ Philipshalle, Düsseldorf, 29 juin 2009

C’est un peu le concert fantôme dans mon esprit. Allez comprendre. Tellement de choses à digérer, un endroit inconnu, un fonctionnement très particulier, et puis un live tellement colossal qu’on ne sait plus où donner de la tête pendant presque deux heures. Les chansons s’enchaînent sans que j’aie le temps de les assimiler. Je fixe tout pour en garder le plus possible, je me laisse aveugler par les stroboscopes, je perds le souffle sur Reptile, je reste bouche bée devant Metal et The Becoming. L’impact est énorme. Tellement énorme que je me souviens de bribes de sensations et de moments d’une puissance inouïe.

10. Franz Ferdinand, Mando Diao, Kissogram @ Palacio de Deportes, Madrid, 3 avril 2009

Quel joyeux bordel, ce concert. Une fosse pleine à craquer, des mouvements dans tous les sens, mais surtout du plaisir. Franz Ferdinand, ce n’est certainement pas le groupe du siècle, ils n’ont rien inventé, mais ils respirent la joie et directement, sans prétention, leurs concerts sont toujours des grands moments qui font du bien, un peu comme une bonne glace en été, pas fondamentalement utile mais tellement agréable à déguster.

11. Marilyn Manson, Esoterica @ Palacio de Deportes, Madrid, 3 décembre 2009

La surprise. Ou pas. Dans la catégorie « le concert où je ne veux absolument pas aller mais pour lequel je craque à la dernière minute », je nomme celui du grand Brian. Après avoir visionné pas mal de vidéos de son début de tournée catastrophique, j’avais renoncé à le voir. Mais son dernier disque me plaît beaucoup. Et pas seulement celui-ci. Le jour du concert, je jette un coup d’œil sur la toile et m’aperçois que les places se revendent pour moitié prix. Je n’attends strictement rien du concert, c’est certainement pour cette raison que je me suis autant amusée. J’ai pu sentir vibrer l’ombre du maître plusieurs fois, et percevoir cette flamme qui a fait qu’un jour, Reznor a donné sa chance à Marilyn Manson. Et puis cette voix qui glace, ces cris qui viennent du fond du cœur, tout cela fait certainement écho à une émotion qui ne sort jamais que par ces deux voix. Et ça fait du bien.

12. Mogwai, Errors @ Joy Eslava, Madrid, 6 février 2009

J’avais vraiment hâte de les voir, surtout dans une salle aussi intimiste. Je n’y ai jamais fait de concert ailleurs qu’en première file. Pas que j’aie fait des queues pendant des heures, mais parce que les espagnols ont l’art d’arriver à la dernière minute et qu’en arrivant une demi-heure à l’avance, on se retrouve sans problème à la place idéale. Mogwaï ou les guitares saturées et le pouvoir de faire voyager sans paroles. Un concert d’une grande richesse, avec une première partie assurée par Errors, d’une grande qualité. La classe.

13. Muse, Biffy Clyro @ Bercy, 17 novembre 2009

Avec un retour de Biffy Clyro, alias « le groupe que j’ai vu dix fois en live sans jamais l’avoir voulu » plutôt bon, ce concert parisien fut sympathique. On attendait bien une surprise de tondwesseuh qui n’est jamais venue, mais les nouvelles projections étaient sacrément chouettes. Alors effectivement, le show ne fait pas l’émotion, c’est bien pour cela que je ne peux décemment pas placer ce concert en haut de mon classement, mais j’en garde de bons souvenirs, surtout pour avoir pu le partager avec mes amis musiens.

14. The Horrors, The Lions Constellation @ Joy Eslava, Madrid, 25 novembre 2009

Un sérieux hic pour ce concert : le son. Je me demande comment les gens n’ont pas eu les tympans perforés avec un niveau sonore aussi élevé. Il a manqué un petit quelque chose pour que ce concert soit bon du début à la fin, certainement un déclencheur pour qu’il démarre un peu plus rapidement. Ceci dit, il est fort possible que j’aie eu du mal à rentrer dedans pour diverses raisons. La fin a sauvé la prestation, pleine d’énergie et de bonnes vibrations. Cela m’a rappelé pourquoi j’aimais ce groupe.


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Top 50 Albums 2009 - Top 10


Comme promis, voici les dix disques qui m'ont le plus marquée en 2009. Je remarque après coup - mais est-ce bien surprenant? - que ce n'est pas la gaîté qui prédomine. Mais le principal, ce sont les émotions. Toujours. 

10. Mew – No More Stories...




J’omettrais la moitié de l’histoire si je ne disais pas que j’ai découvert Mew grâce à Nine Inch Nails. Ce groupe tiendra toujours dans mon cœur une place particulière pour cette raison. Il m’est désormais impossible de ne pas associer leur musique à ce qui ont été pour moi des moments d’une rare intensité émotionnelle. Contrairement à ce que l’on peut penser, la musique produite par les danois n’est pas sans lien avec celle de Trent Reznor. On y retrouve une certaine pureté, une vision de l’art, et puis cette capacité à dénuder l’âme si particulière. Comment ne pas être touché par la voix angélique de Jonas Bjerre, cet homme enfant frêle ? No More Stories... met en valeur toute l’amplitude de la beauté de Mew, du post-rock au shoegaze, flirtant avec le monde elfique de Sigur Rós.

9. Sufjan Stevens – The BQE



Le petit génie du Michigan n’est pas prêt de nous décevoir. Cette fois-ci c’est Brooklyn et son architecture qui l’inspirent, pour un projet musical et visuel d’une qualité à couper le souffle. The BQE n’est pas seulement un disque, c’est une œuvre instrumentale colossale et un documentaire personnel lumineux. Rien que pour les passages au piano du Movement I, il vaut la peine d’être écouté. Toute en finesse, l’orchestration de l’ensemble est un travail d’orfèvre. Alors lorsque l’un des songwriters les plus doués de notre temps s’attaque à une œuvre sans parole, que reste-t-il de son art ? Si Sufjan Stevens, on le sait, aime raconter des histoires, il s’efface ici au profit de ses sources d’inspiration diverses, se défaisant ainsi du carcan du format de la chanson type. Réussissant à faire parler les compositions urbaines de New York, il nous livre une œuvre à la fois très personnelle et tournée vers l’extérieur.

8. Pet Shop Boys – Yes



Pour Yes, ce sera un grand “oui”. Elle est facile, je vous l’accorde, mais mieux vaut laisser les choses claires. Ce que j’aime dans ce disque avant tout, c’est son artwork, sobre, coloré mais pas trop. On se demande ce qu’il peut bien contenir. Les Pet Shop Boys souffrent d’une image écornée par quelques tubes peu représentatifs de l’étendue de leur talent, et ce qui fait du bien à l’écoute de Yes, c’est que l’on s’aperçoit qu’ils possèdent une identité musicale extrêmement forte. Tout au long de cet album, le duo britannique nous livre des mélodies d’une grande sensibilité mélancolique. Le grand atout de ce disque, c’est certainement cette rare capacité à composer des musiques pour danser qui ne soient pas franchement joyeuses. Et c’est en cela que les Pet Shop Boys sont indispensables.

7. The Antlers – Hospice



Voici le petit dernier, parvenu dans mon top 10 sans difficulté mais en fin d’année, par simple évidence, en un rien de temps. Hospice est de ces disques qui vous submergent d’émotions dès la première écoute. On s’en doute, ce n’est pas une histoire peinte en couleurs vives, mais plutôt le fruit d’un enfermement volontaire de la part Peter Silberman, frontman du groupe. Album intimiste et glacial, ce troisième opus des Antlers est magistral de beauté. Et lorsque peu à peu, au détour d’un morceau, cette voix limpide se met à crier sa souffrance, l’impact n’en est que plus intense, alors on s’oublie lentement pour sombrer dans une puissante émotion. Ce disque parle de la mort, de l’absence, de la maladie et de l’amour. Il est comme une vague qui grandit en nous, qui vous noue la gorge, une expérience dont on ne sort pas indemne.

6. Animal Collective - Merriweather Post Pavilion



Comment décrire ce disque? Je pourrais le définir comme un ovni musical aquatique, mais il est peu probable que cette description vous éclaire. Animal Collective ne ressemble à rien d’autre, c’est un genre unique qui donne à la musique une texture palpable quasi sensorielle. Ça patauge, ça bulle, ça pleut, ça gougloute. Avec son rock psyché parfois bruitiste parfois électro, Merriweather Post Pavilion stimule nos tympans avec brio, nous plongeant dans un monde plein de couleurs et de sensations. Je peux affirmer que ma seule inquiétude était que ce premier coup de cœur de l’année, du fait de son caractère si singulier, finisse par me lasser. Je constate avec joie que mon plaisir est toujours aussi réel et qu’il gagne de la profondeur avec le temps. C’est là la marque de la – presque – perfection.

5. The December Sound - The Silver Album



The Silver Album est un de mes premiers coups de cœur de l’année. Alors que le shoegaze est en pleine expansion, les groupes du genre ont tendance à un peu tous se ressembler. Qu’y a-t-il de plus sur ce disque qui fasse qu’il trône en cinquième position de mes disques préférés de 2009 ? Je pense que ce qui frappe, c’est l’unité du tout, le pouvoir qui fait qu’une chanson isolée de cet album perd toute sa splendeur lorsqu’elle est écoutée à part. The December Sound nous offre une musique qui porte et emporte au lieu d’accrocher, pleine de résonance, d’écho, mélange subtil de mélodies planantes et de sons variés qui donnent une cohérence à l’ensemble. On susurre, le chant n’est qu’une partie d’arrière-plan bien souvent, et il faut s’y habituer, mais le tout reste comme un voyage dans l’espace. On s’y laisse prendre, on glisse petit à petit hors du temps et hors des musicalités traditionnelles, là-bas, ailleurs.

4. Muse – The Resistance



Le trio du Devon n’est plus ce qu’il était, certes. Pourtant je me rends compte que leur musique me transmet encore beaucoup, malgré ses défauts. Ce que j’aime dans ce cinquième album, c’est le message global. Mettons de côté les surproductions et la machine Warner (j’en demande peut-être un peu trop, mais essayons), The Resistance est autoproduit, c’est une œuvre extrêmement personnelle qui met en scène une prise de conscience sur le monde. Alors oui, on peut lui reprocher d’être « facile » ou « bateau », et d’aborder des sujets communs tout en étant à la botte du marketing mondial. Mais en 2009, cela m’a fait un bien fou de pouvoir chanter They will not control us ou Love is our Resistance. Parce que, aussi bête que cela puisse paraître, ça me parle. Et ma naïveté – et mon égocentrisme ? – me fait croire que l’idée d’origine rejoint aussi ce qui me ronge petit à petit.

3. IAMX - Kingdom Of Welcome Addiction



Cela fait quelques années que l’on attend que Chris Corner veuille bien nous dévoiler ce qu’il a de meilleur. Voilà enfin nos vœux exaucés avec ce Kingdom of Welcome Addiction, ce disque qui flirte avec la perfection. Lorsque l’électro noire et la voix limpide et rayonnante du leader d’IAMX ne fond plus qu’un, faisant des opposés une force, le rendu est d’une puissance inouïe. En outre, la production est enfin à la hauteur de la qualité artistique et musicale du projet, ce qui permet au groupe de prendre une toute autre envergure. IAMX émeut, accroche nos sens, frappe dans nos têtes, résonne à l’infini, jusqu’à devenir une vraie drogue. Indispensable. Plus sensible que The Alternative, plus franc que Kiss and Swallow, ce troisième opus est bien plus qu’une réussite. Il s’agit là d’une pépite brute de beauté, d’éclat et de vibrations.

2. Grizzly Bear – Veckatimest



Adepte des chœurs depuis toujours, je suis tombée en extase à l’écoute de Two Weeks, premier single de ce disque. Sensations diverses, images à foison, nostalgie et espoir, beauté, cette chanson me parle à un point réellement étonnant. Mais au-delà de ce petit bijou, Veckatimest est une œuvre qui regorge de beauté. Certes, rien n’est simple, chaque chanson est un labyrinthe dans lequel on se promène. Il faut aller et venir, en passant d’une batterie lourde aux chœurs angéliques, faisant la part belle au piano et aux sonorités intimistes. Hors des schémas refrain-couplet, ici il n’est plus question de limite ni de cadre préconçu. Pourtant l’absence de normalisation n’ôte en rien le charme à cette sorte d’anarchie musicale qui, au fil des écoutes, devient presque une évidence. La perfection, c’est peut-être bien cet art de rendre la complexité facile.

1. Editors – In this Light and on this Evening



Ce n’est pas là une grande surprise, et pourtant cela pourrait bien en être une tant la musique du quatuor de Birmingham a évolué. In this Light and on this Evening ressemble à son titre et à son artwork. Sombre et lumineux à la fois, mais de cette obscurité qui fait jaillir la lumière de manière encore plus belle, donnant à ses couleurs une intensité nouvelle. Avec ce disque, plus que jamais, Tom Smith creuse en lui pour laisser échapper cette noirceur qui dépeint avec une sincérité et une sensibilité sans égal ce que nous sommes aux fins fonds de nos abîmes. Les sonorités assurément électroniques de l’ensemble, tranchant avec l’aspect brut auquel Editors nous avait habitués jusqu’à présent, offrent à cette voix caverneuse unique un support nouveau pour se dévoiler encore un peu mieux. Pour 2009, ce disque est mon essentiel, il incarne tout ce que j’aime ressentir au travers de la musique et transmet à chaque écoute une sensation de vérité que seuls les grands sont capables d’aller chercher au fond, tout au fond d’eux-mêmes.

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