Top 50 Albums 2009
50. Dream Theater – Black Clouds & Silver Linings
Un disque de Dream Theater, c’est toujours un nouveau labyrinthe où se perdre. Selon Mike Portnoy, il existe depuis toujours une alternance parfaite entre disques sombres et disques lumineux dans la discographie du groupe, et Black Clouds & Silver Linnings serait le premier opus à mettre en péril ce bon ordre, pourtant non choisi. Six petites pistes, mais toujours de la grande qualité, du lourd, du mélodique, des chansons méandreuses. Les maîtres du métal progressif ne restent jamais cantonnés à une seule facette de leur palette créative. Petite mention au single sorti à côté, une triple reprise de Queen en medley Tenement funster | Flick of the wrist | Lily of the Valley d’une immense qualité.
49. Fuck Buttons – Tarot Sport

Dans la catégorie des albums instrumentaux de l’année, Tarot Sport fait partie de ceux qui s’apprivoisent avec le temps. À la fois aérien et très rythmé, ce disque regorge de recoins à découvrir. Une électro extrêmement travaillée avec, en guise de colonne vertébrale, Olympians, plaisir intense de plus de dix minutes.
48. frYars – Dark Young Hearts

Découverte tardive de l’année, avec une chanson accrocheuse, Olive Eyes. Sans frapper fort, tout en douceur, la voix de Ben Garrett, à peine 19 ans, toujours un peu en décalé, s’impose dans nos esprits. Un disque électro-pop sans prétention, dont la particularité réside dans ce timbre peu commun, presque parlé, s’adaptant aussi bien à la jolie balade A Last Resort qu’à l’électro de Visitors et qu’à la pop de Olive Eyes.
47. Röyksopp – Junior

Junior, beaucoup plus adapté aux dancefloors que ses prédécesseurs, est certainement le disque léger de l’année. Des mélodies frappantes, des refrains accrocheurs, des ambiances pétillantes, de quoi colorer un peu à coup de fluo le panorama musical. The Girl And The Robot fait sans nul doute partie de mes meilleurs singles de l’année.
46. Arctic Monkeys – Humbug

On attendait avec impatience le nouvel opus des Arctic après l’aventure duo d’Alex Turner plutôt réussie. Très influencé par Josh Homme dans l’ambiance générale, Humbug marque une nouvelle page dans l’histoire du groupe. Plus mature, mieux produit, moins éparpillé et moins brut que les deux disques précédents, il est certainement moins facile à écouter et à dompter. On découvre une certaine lourdeur (de la patte QOTSA) qui fait du bien à des compositions soignées.
45. Danger Mouse & Sparklehouse – Dark Night of the Soul
Il s’agit sans nul doute de la collaboration la plus réussie de l’année. Dark Night of the Soul ou le mélange des genres au service de l’inventivité musicale. Cette association peu évidente aurait pu donner naissance à un disque quelque peu désuni, et pourtant, malgré sa grande variété, l’unité est un des points forts du disque. Album mélancolique, bien en accord avec son nom, il s’écoute comme on regarde un film, il est rempli d’images et de sensations.
44. Fanfarlo – Reservoir

Fanfarlo fait partie des cousins lointains d’Arcade Fire, un gage de grande qualité. Dans Fanfarlo, il y a « fanfare », et bien qu’il s’agisse d’un groupe anglais, en français son nom résonne en totale adéquation avec sa musique. Pour un premier disque, malgré de grandes influences évidentes, Reservoir possède une marque de fabrique très personnelle alliée à une production quasi parfaite. Ce qui étonne, ce sont ces arrangements si bien menés, cette maîtrise de la multitude orchestrale, tous ces petits détails qui font que le disque est à la fois riche mais pas trop, ce qui permet de transmettre une sensibilité légère mais tellement vraie.
43. Junior Boys – Begone Dull Care
Les années 1980 semblent bel et bien de retour. Cet album n’est ni new wave, ni électro, ni pop, il est un peu tout cela à la fois. Et pourtant il n’a rien de passéiste et s’avère être d’une modernité de grande classe. Begone Dull Care se déguste à toute heure, un brin kitsh, tout en retenu, et donne vie à des mélodies qui s’installent petit à petit dans notre mémoire. Lentement mais sûrement.
42. Fever Ray – Fever Ray

Quand la voix féminine des auteurs de l’immense Silent Shout se met à chanter en solo, cette musique froide, percutante, envoutante, n’en perd pourtant pas de sa profondeur. Fever Ray fait appel à des sons plus primitifs, moins électroniques. Un peu comme dans une forêt aux arbres vieux de centaines d’années, on marche, on marche dans cette atmosphère inquiétante jusqu’à perdre les traces de nos propres pas.
41. Odawas – The Blue Dephts

The Blue Dephts a des accents de Dead Can Dance, il rappelle certains classiques de musiques de films comme ceux de Vangelis ou d’Éric Serra. Tout en résonance et en mélodies aériennes, ce disque apaise et relaxe sans tomber dans l’ennui. The Case Of The Great Irish Elk et Swan Song Of The Humpback Angler en ouverture envoient l’esprit à mille lieux. Difficile de revenir après cela.
40. Great Lake Swimmers – Lost Channels

Lost Channels est un des disques folk de l’année à retenir. Simple mais sensible et efficace, c’est un mélange subtil de mélodies à la gaité rayonnante et d’airs doucement épicés d’une pointe mélancolique. On y entend les paysages canadiens, les longues routes, les couchers de soleil hivernaux et les étendues infinies. Un disque qui sent la liberté.
39. The Little Hands Of Asphalt – Leap Years

Pour son premier disque en solo, Sjur Lyseid propose tout en délicatesse onze compositions folk d’une douceur exquise. Sans tomber dans le mielleux insipide, Leap Years nous offre de partir à Oslo le temps d’une écoute, et certainement bien plus, vu la qualité mélodique de l’ensemble. On se prend à regarde le ciel en pensant que finalement, faire de la musique, c’est tellement facile. Voici un disque qui coule tout seul, qui sent la nature et les heures solitaires, mais qui n’en fait pas tout un drame.
38. Wild Beasts – Two Dancers

La musique de Wild Beasts n’est pas facile à décrire. C’est un peu comme l’association de plusieurs genres qui, a priori, n’ont pas grand-chose à voir les uns avec les autres, une sorte de melting pot étonnant mais pourtant pas incohérent. Prenez un chant lyrique proche du style classique, quelques accents d’électro-pop, une pointe de post rock, quelques bulles synthétiques et une pincée de dream pop, mélangez bien. Two Dancers ne ressemble à rien d’autre. Il faut simplement se laisser porter par sa légèreté, sa poésie et ses percussions mises en valeur avec brio.
37. A Place to Bury Strangers – Exploding Head

Voici un disque dont le titre en dit long sur le contenu. Exploding Head est un sombre équilibre entre des guitares saturées, des mélodies de l’au-delà et un écho métallique, créant une sensibilité froide et une profondeur multipliée par la résonance. Avec ce rock à tendance shoegaze, le groupe nous livre là une œuvre impactante qui flirte avec le son de The Jesus And Mary Chain ou des Cure.
36. Project Pitchfork – Dream, Tiresias!

Après vingt ans de loyaux services, Project Pitchfork démontre avec ce très réussi Dream, Tiresias ! que l’électro-indus n’est pas datée et que leur formule hybride couplant l’indus à la new wave peut s’avérer efficace. On accroche facilement aux sonorités très électroniques, mais également aux éléments proches de l’identité indus qui rendent le résultat beaucoup plus riche et moins répétitif que si le groupe était resté dans un genre propre. Au bout du compte, le rendu est varié mais harmonieux. Il ravira certainement les fans d’électro-pop, d’indus et de métal électronique.
35. Archive – Controlling Crowds

La sortie d’un nouvel album d’Archive est toujours un point d’interrogation tant les styles sont variables. Entre les changements des membres et les fluctuations des genres, on s’y perdrait presque. On se demande au bout du compte comment ce groupe a-t-il réussi à créer une unité musicale. Et puis au final on est surpris de voir qu’il y a un lien entre tout cela, un lien invisible qui fait que l’enchaînement des chansons n’est pas surprenant. Controlling Crowds marque le retour de Rosko John, faisant ainsi la part belle à l’aspect trip hop qui n’avait pas été si bien mis en valeur depuis Londinium. On s’y perd encore, certes, mais c’est aussi le charme d’Archive.
34. Manic Street Preachers – Journal For Plague Lovers

N’allez pas chercher là des inventions sonores ni des nouveautés musicales. Le rock des Manics est simple mais d’une efficacité qui s’affirme à chaque écoute. Leur petit secret, c’est certainement une bonne dose de mélodies accrocheuses, mais aussi une voix reconnaissable parmi tant d’autres. James Dean Bradfield s’adapte aussi bien à des rythmes rugueux qu’à des balades romantiques. Alors on se laisse emporter, aussi bien par l’énergie de Bad Lady que par la douceur de This Joke Sport Severed.
33. Mono – Hymn To The Immortal Wind

Ce disque est d’une beauté à toute épreuve. Il transporte à l’infini. Très proche de la musique classique mais toujours dans la veine post-rock, Mono offre là un opus d’une immense qualité. Chaque piste est un monde, une route à emprunter sans peur. Et puis des images se mettent à défiler, un peu comme par magie. Hymn to the Immortal Wind est comme un voyage en sept temps. C’est pur, c’est puissant et bouleversant.
32. Ghinzu – Mirror Mirror

Avec Mirror Mirror, les bruxellois nous offrent un album à la première partie parfaite. Musique électrique, métallique, à l’image de l’artwork choisi, réchauffée par la voix de John Stargasm. Take it Easy et The Dream Maker font partie de mes chansons de l’année. Ce disque est plein d’énergie, plein de couches musicales qui font que chaque écoute apportera sa découverte. Il peut être rapidement addictif mais s’avère plus complexe qu’à première vue, regorgeant de détails. Du easy listening intelligent et délicat, voilà tout l’art de Ghinzu.
31. Archive – Controlling Crowds Part IV

Cette quatrième partie de la session “Controlling Crowds” aurait pu s’appeler tout autrement tant elle forme une belle unité. Plus aérienne, plus subtile que les trois premières parties. Plus délicate aussi dans son ensemble. C’est un peu le bonus qui dépasse le disque original.
30. Dredg – The Pariah, The Parrot, The Delusion

On attendait le retour de Dredg depuis 2005. Le groupe californien a pris son temps pour terminer un de leurs meilleurs disques. Tout en gardant la subtilité de Catch Without Arms, ils ont su chercher une nouvelle musicalité, plus riche encore, s’appuyant toujours sur la pureté de la voix de Gavin Hayes. Comme s’ils assumaient enfin toute la palette de leurs influences, tantôt rock progressif, tantôt électro, voire post-rock, avec des touches de métal de ci de là, The Pariah, The Parrot, The Delusion est un gros morceau, un peu comme un gros livre mettant en scène une multitude de personnages. En le refermant, on n’a plus qu’une seule envie : le relire pour mieux en comprendre les fondements et les secrets.
29. Deastro – Moondagger

Moondagger est un album psychédélique qui évite tous les pièges du genre. Tout est parfaitement dosé, il n’est ni trop lointain, ni trop coloré. Non conventionnel, aux structures sinueuses, il met en valeur des compositions réellement étonnantes grâce à une électro tout en nuances. C’est le genre de disque sur lequel on revient sans cesse, avec des passages de toute beauté et des rythmiques qui se gravent dans l’inconscient.
28. Motor – Metal Machine

J’ai découvert Motor en première partie de la tournée de Depeche Mode. Et dans un coin de ma tête, il y a toujours ce disque qui est là, prêt à surgir. Avec sa techno minimaliste, Metal Machine porte bien son nom. Chaque chanson permet à la machine de s’allumer et de prendre vie. Et chaque bouton libère une sensation différente. Rapidement on s’y laisse prendre, les pulsations se mettent à battre de plus en plus fort, et paf, notre tête bouge toute seule. En bref, un album indispensable.
27. Kings of Convenience – Declaration of Dependence

C’est simple, c’est beau. Certes, il n’y a rien de novateur dans la musique des Kings of Convenience, mais est-il obligatoirement nécessaire de réinventer la musique pour qu’elle transmette des émotions ? Declaration of Dependence écrit la folk en majuscule. Sincère, doux, utilisant la subtilité de deux voix qui s’accordent à la perfection, ce disque se savoure de A à Z, sans laisser de côté aucune note. Un petit bijou.
26. The Gossip – Music for Men

Music for Men est peut-être le disque le plus addictif de l’année. Subtil mélange de disco et de rock, il est quasi exclusivement composé de chansons à propension tubesque. Outre Heavy Cross, Pop Goes the World ou Love Long Distance adaptés aux dancefloors, tous les titres sans exception sont des tubes en puissance. Ils restent dans la tête pour ne plus jamais s’en déloger. Gage de qualité, à mon goût.
25. Morrissey – Years of Refusal

Malgré une musicalité quelque peu atypique, le Mozz et sa voix d’une justesse à toute épreuve, proposent ici un disque pensé avec élégance, s’accordant avec les textes retraçant ces Years of Refusal. Le petit plus repose dans ce côté western classieux, ces rythmes cadencés, comme sur le refrain de Black Cloud ou l’introduction de When last I talk to Carol, mêlant galop et guitare acoustique, et toujours la voix du Mozz qui se pose avec grâce sur ce paysage. En termes de musicalité, il y a là une recherche mélodique et artistique d’une richesse incroyable. Il n’en reste pas moins un disque à part. Inclassable. Et difficile à ressentir également.
24. Mayer Hawthorne – A Strange Arrangement

Voici un disque venu d’un autre temps. On a un peu de mal à croire que ce disque date de 2009. Très rétro, à l’image de l’artwork, très soul, mais ni kitsh ni ennuyeux. On aurait bien vu Just Ain't Gonna Work Out dans la BO de Jackie Brown. A Strange Arrangement sent les bars des années 1960, enfumés, avec leur pianiste à chapeau. La production est parfaite, et même s’il est étonnant de faire un buzz avec ce type de musique d’antan, il n’en reste pas moins un album de grande qualité.
23. The Leisure Society – The Sleeper

The Sleeper est une invitation au rêve. On y trouve une folk fraîche, des chœurs harmonieux, un subtil mélange de guitares, violons, flûtes, banjos… C’est pur, c’est joyeux, les mélodies sont douces, presque enfantines. En bref, c’est un disque qui fait du bien sans tomber dans la simplicité trop évidente.
22. Bill Callahan – Sometimes I Wish We Were an Eagle

Cette voix est un don du ciel. Reconnaissable parmi des milliers, voix apaisante, réconfortante, profonde et au pouvoir envoutant. La première fois que ce disque a tourné chez moi, ce fut comme une évidence. Quelle merveille ! Sometimes I Wish We Were an Eagle, c’est la classe mondiale. Beau, élégant, intense, tout simplement.
21. Loney Dear – Dear John

Voici un disque qui prend le coeur par les sentiments. Ce qui surprend, c’est la richesse des compositions, mêlant les mélodies pop-folk à des sonorités électro. Outre la douceur de la voix de Emil Svanängen, il y a tellement de choses qui font vibrer sur ce Dear John. L’unité émotionnelle des onze chansons présente un univers qui n’est pas si loin de celui de Sigur Rós, parfois épique, foisonnant, mais souvent dans la retenue.
20. Memory Tapes – Seek Magic

La dream-pop de Memory Tapes doit avec quelque chose de plus pour que l’on se prenne à fredonner ses airs sans crier gare. Il existe dans ce disque les ingrédients parfaits pour lutter contre l’ennui grâce notamment à des rythmes variés et à des compositions tantôt mélancoliques, tantôt joyeuses. Le fond sonore ambiant est d’une grande légèreté et permet à Seek Magic d’offrir une vision musicale unique.
19. WHY? – Eskimo Snow

Eskimo Snow ressemble à un bouquet de fleurs. Il s’ouvre sur un chœur sobre, ce sentiment de multitude qui ne lâchera pas l’album jusqu’à sa fin. Affichant d’emblée les couleurs de la mélancolie, WHY ? nous propose un disque très disparate, comme un miroir intime d’une âme en pleine remise en question. On se ballade au grè des histoires que racontent ces compositions foisonnantes. Et l’on en devient à chaque écoute un peu plus riche.
18. The Horrors – Primary Colours

Dans la catégorie des disques qui demandent une période d’apprivoisement relativement longue, Primary Colours pourrait bien remporter la palme en cette année 2009. Il existe deux images antagonistes de ce groupe. D’une part, sa jeunesse, son manque d’expérience, et d’autre part la profondeur déconcertante de sa musique, cette espèce de maturité incroyable qui s’en dégage. Encensés par Reznor, choisis en première partie pour une partie de sa tournée américaine, The Horrors ont longtemps fait figure d’énigme dans mes oreilles. On n’est pas très loin de la tendance shoegaze, avec une pointe de new wave, des sons distordus, crissants, parfois assourdissants. Un disque puissant et magistral.
17. Depeche Mode – Sounds of the Universe

Après la bombe Playing the Angel, on attendait avec grande impatience la suite. Sounds of the Universe ne restera pas au somment de la discographie modienne. Cependant il faut saluer l’effort et les points positifs de ce disque plutôt homogène. Wrong est peut-être le meilleur single de l’année, avec un clip percutant, dérangeant, qui, à sa sortie, semblait marquer un renouveau inventif dans la carrière de Martin L. Gore. Presque trente ans après leurs débuts, Depeche Mode reste pourtant un pilier indétrônable du paysage musical moderne et avant-gardiste, et ce disque est un très honorable travail qui mérite sans nul doute de figurer parmi les vingt tout meilleurs de l’année.
16. Mumford & Sons – Sigh No More

Encore une bien jolie galette de la planète folk qu’il ne faudra pas oublier d’écouter ni au coin du feu, ni au soleil printanier, ni sous les manteaux colorés par l’automne, ni sur les routes estivales. Sigh No More, ou comment soupirer de plaisir, la tête dans la folie joyeuse de ce plus proche cousin d’Arcade Fire, impactant, épique, sensible.
15. Pet Shop Boys – Christmas EP

Le cadeau de Noël du duo anglais, comme un petit paquet qui ne paie pas de mine, nous offre avec ses cinq pépites un moyen de revisiter la musique. Car les Pet Shop Boys incarnent la modernité et nous le prouvent ici une fois de plus, avec des remix judicieux et fort travaillés qui apportent réellement un plus aux chansons originales. La version de My Girl, reprise de Madness, est un vrai bonheur, et en outre, les Pet Shop Boys ne sont pas avares et nous en délivrent deux pour le prix d’une. Ce Christmas EP est bel et bien le bonus indispensable de leur excellent Yes.
14. Lotus Plaza – The Floodlight Collective

Lotus Plaza, c’est comme une voix de l’inconscient, sorte de voix fantôme, qui plane au-dessus de nos têtes. Des mélodies psychédéliques entêtantes, de l’écho, des distorsions nuancées, The Floodlight Collective nous envole en un rien de temps dans un océan où tout se mélange avec bonheur. Ça bourdonne, ça scintille, ça vibre, ça rayonne. Et on se laisse porter par l’apesanteur mélodique sans bouger le petit doigt.
13. Atlas Sound – Logos

La pochette de Logos n’est autre que le corps de Bradford Cox, alias Atlas Sound, un corps malade dont la vision transmet une douleur terrible et terrifiante. Logos est donc, tel cette image, une transmission intime, un voyage entre la vie et la mort avec tout ce que cela peut contenir. Artiste entier, dédié à cent pour cent à sa musique, peut-être pour penser à la fatalité de son destin d’une façon plus poétique que morbide, Atlas Sound nous offre un joyau de vérité, brut et sacré, comme une ode sans souffrance, légère et aérienne.
12. Julian Plenti – Julian Plenti Is... Skyscraper

Paul Banks a réussi son pari, celui de se lancer dans un projet solo à l’écart d’Interpol et de composer un disque de très grande qualité. Ce qui surprend, c’est la facilité avec laquelle il s’écoute. Sombre et envoutant, surprenant du fait de certains arrangements, Julian Plenti is… Skyscraper parvient à amener l’auditeur dans un monde en parallèle, une nouvelle facette de ce qu’est l’artiste génial du groupe new yorkais. Clairement, cela ne pouvait pas être du Interpol. C’est pourtant tout aussi percutant et ténébreux, bien que moins glacial. Ces onze chansons cachent même un peu de chaleur.
11. Marilyn Manson – The High End of Low

Le plus mauvais disque de Marilyn Manson aux yeux de sa maison de disques (qui lui aura valu un licenciement) fait pourtant partie de ce que j’ai le plus aimé au court de cette année. L’ouverture sur Devour est un cri du cœur qui ne pouvait me laisser insensible. J’ai la faiblesse de croire en la sincérité des artistes, et par conséquent il m’est très compliqué de percevoir l’œuvre du grand Brian comme une grande escroquerie. The High End of Low présente à peu près toutes les facettes de l’élève de Reznor, il y a l’énergie, il y a le rythme, les cris, l’amour, les sujets qui fâchent, l’introspection. Manson frappe fort et frappe juste. Et puis il y a cette voix qui glacera votre cœur jusqu’à le fissurer. Un grand disque.
Par PtitRouf, Jeudi 7 Janvier 2010 à 23:39 GMT+2 dans Pour les oreilles (article, RSS)


