Claire à bulles

Ville vide

Le problème des journées sans travail, c’est qu’elles me répercutent des sensations et des réflexions laissant place à des doutes, parfois infondés.
L’été a un goût particulier, le soleil, la chaleur, les horaires. L’emploi du temps est bousculé, les esprits aussi. Petit à petit, la ville se dépeuple, et c’est un peu de moi qui s’en va.
Il y a une semaine, j’ai passé un chouette week end. Vendredi soir était programmé un dîner germano-suisso-franco-espagnol à la maison. De quoi parler une langue venue d’ailleurs. L’appartement avait rarement atteint ce niveau de saleté, je crois… On en a même profité pour prendre des photos !! Le samedi soir, après avoir passé un moment avec Kazumi, j’ai passé la soirée et une partie de la nuit au Segundo Jazz, me rappelant les souvenirs de ma première année madrilène. Le groupe était agréable, la musique aussi.
Les journées passent vite, je me couche tard, je me lève tôt, et je sais que je devrais m’adonner à l’art de la sieste, mais j’ai toujours l’impression de perdre du temps.



Souvenir d'une petite promenade à Lavapiés la semaine dernière.

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Sarkoland s'invite à Madrid

Hier a été une journée d’agitation générale à Madrid. Comme l’effet des battements d’ailes du papillon, la venue de notre nouveau chef de l’État a rendu la population madrilène furieusement énervée. Pleine lune, fin du mois de mai, début de la période de journée intensive, certes. Ajoutez à cela des embouteillages sans nom dans la ville pour laisser passer Napoléon-Le Nain d’un point à l’autre de la capitale, des policiers en nombre à tous les carrefours, et des hélicoptères tournant sans cesse au-dessus de nos têtes… Le fait est que, tel le vent qui rend fou, le Sarkozy provoque également une altération des sens chez l’être humain. J’ai pu assister à des poussées impressionnantes dans la file d’attente de l’autobus, à des échanges d’insultes entre personnes âgées et moins âgées, à une course poursuite sur Bravo Murillo accompagnée de cris divers, de dérapages de motos, de sirènes policières, et même le temps s’est vu altéré, passant du soleil au ciel gris, de la petite brise au vent soufflant soulevant tout sur son passage. Le soir, le ciel était noir. Nouveau Mordor. Première expérience réelle de Sarkoland. Je crains un peu mon séjour parisien. J’ai intérêt à prendre mes papiers sur moi…

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Mobbing

Après une semaine bien agitée, j'ai profité de la famille. Ces jours sont passés vite, on s'est bien promené, on a bien discuté, on a bien mangé. Le temps a été idéal, du soleil sans chaleur, c'est ici presque impensable mais ça existe. Bref, tout a été parfait. Goya, le Rastro, la Finca de Susana, le Templo de Debod, le Bernabéu.... Je deviendrais presque guide! Un vrai bonheur. Merci pour les vacances.
À mon retour au travail, tout a été changé. Résultat politico-stratégique des chefs des différents départements. En réalité, il s'agit bien d'un agencement minutieusement pensé. Je me retrouve donc éloignée de mes deux amies de bureau. Hasard ou coïncidence? Je n'y crois pas une minute. Je me console avec ma musique, il n'y a que ça de vrai. Et tente de recréer ma bulle à ce nouvel endroit qui devra me devenir familier. Le département au complet est en proie à un énervement qui se ressent à chaque mouvement, c'est assez désagréable. Je dois avouer que la stratégie me paraît risquée, à moins que le but ne soit de mettre une ou plusieurs personne(s) à la porte. Ou bien tout simplement que le pouvoir, comme souvent, se trompe. Affaire à suivre.

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Bonsoir France

Comme beaucoup d’entre vous j’aime le confort de la routine, la sécurité du familier, la tranquillité du répétitif. C’est bien naturel. [...]
D’aucuns veulent nous réduire au silence. À cette heure, on doit hurler au téléphone et voiturer des troupes. Pourquoi ? Si le bâton a remplacé la conversation, les mots conservent toute leur force. Les mots donnent sens au sens et, à qui écoute, l’énonciation de la vérité. Et la vérité, c’est que ce pays ne tourne pas rond, n’est-ce pas ? Cruauté, injustice, intolérance, oppression. Vous pouviez protester, penser, parler librement, et êtes à présent censurés, surveillés, contraints au conformisme et à la docilité. Par quel malheur ? À qui la faute ? Les plus responsables, bien sûr, devront répondre de leurs actes, mais vraiment, si vous cherchez un coupable, regardez donc dans la glace. Je connais votre mobile. Vous aviez peur. Il y avait de quoi. Guerre, terreur, maladie. Une myriade de problèmes a concouru à altérer votre raison et vous ôter tout bon sens. La peur vous a envahis et, paniqués, vous avez fait appel à [ce président]. Il vous a promis l’ordre, la paix. Et n’a demandé en échange que votre obéissance silencieuse. [...]
Droiture, justice et liberté sont plus que des mots. Ce sont des préceptes. Si vous n’avez rien vu, si les crimes de ce gouvernement vous sont inconnus, laissez [le temps] s’écouler sans commémoration. Mais si vous voyez ce que je vois, ressentez ce que je ressens et recherchez ce que je recherche, [ne vous taisez pas, ne vous taisez plus, et redonnez à ce pays un peu de fraternité, pour ne pas dire demain que l'on savait tous mais que l'on n'a rien fait].

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