Claire à bulles

On n'a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens


L'essence est là. Dans mes oreilles. Les obstacles du quotidien servent aussi à tester la puissance des chansons. Allez hop, relève-toi et continue.

S'arrêter un temps pour ouvrir les yeux. Un temps pour recevoir et sentir. Un temps pour se relâcher. Pour une bulle ou rien d'autre que ces notes et ces paroles ne compte. Puissiez-vous y entrer sans peine. Dix chansons qui circulent dans mes veines en ce moment, de nuit comme de jour.

***

Parce que depuis le mois de juillet, cette chanson n'a pas bougé de mon top 10. Parce que ce changement de rythme du refrain me donne à chaque fois envie de fermer les yeux et que le son de la guitare de Daniel Kessler vibre avec une sensualité tellement particulière.

Interpol - C'mere


Pour la voix de Tom et ce fond de guitare venu du ciel sur ce refrain, You are the colour, my dear... Des ombres aux anges.

Editors - Colours


La mélodie des mots chantée par Martin L. Gore est une merveille inégalable. Même si ces paroles ne sont pas de lui, elles lui collent à la peau et rendent cette reprise entêtante et teintée d'une nostalgie profonde.

Martin L. Gore - Compulsion


The Rescue est un disque absolument extraordinaire. S'il fallait retenir un jour sur cette création d'un monde à huit jours, j'opterais pour le premier, parce que l'ouverture est une envolée vers les étoiles, prélude de toute nuit blanche.

Explosions in the Sky - Day One


La simplicité est souvent synonyme de profondeur sans limite. Une mélodie sans prétention, une progression qui, à son rythme, pompe le coeur, puis l'esprit. Comme une immersion dans un grand lac au milieu des montagnes, sentir chaque palpitation, chaque mouvement. Vivifiant.

Ratatat - El Pico


Parce que ce mélange des voix ne cesse de m'émouvoir. L'une blanche, l'autre noire. La profondeur de ces deux âmes fait désormais partie de ces perles qui illuminent mon quotidien. Cette noirceur presque lourde, chantée par Dave Gahan, est certainement une des plus belles découvertes que j'ai faite ces dernières années.

Depeche Mode - Here is the House


Je n'ai jamais compris pour quelle raison les premières notes de cette chanson font exploser mon coeur à chaque écoute...

Michalis Hatzigiannis - Monos Mou


Robert Smith dans sa complainte émouvante. Un cri, un hurlement qui résonne pour se perdre on ne sait où.  Please com back to me, please come home...

The Cure - Please Come Home


En attendant l'un des disques qui se classera sans nul doute dans mon top 10 de l'année, il faut siroter sans mesure les délicieuses couleurs offertes une fois de plus par un groupe imaginatif et vrai, au son de la voix limpide de Fran Healy. Simplement fermer les yeux et sentir.

Travis - Sarah


Et parce que cette compilation qui me ressemble ne serait pas moi sans un morceau du trio de Teignmouth, je m'emploie dernièrement à une overdose de Dead Star, parce qu'elle me donne une force incroyable et qu'elle contient la plus belle essence jamais composée.

Muse - Dead Star
  

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Enjoy the silence





J'ai écouté en profondeur Some Great Reward et Violator. Pour moi ce sont deux disques parfaits. Il faut aller chercher l'art au-delà du côté électropop, sorte de marque de fabrique du groupe aux yeux de la grande majorité. J'aime ce son électro vibrant, sa noirceur et sa profondeur, cette sorte de lourdeur énergique, et j'ai appris à apprécier à sa juste valeur la voix de Dave Gahan, qui met bien souvent la chair de poule quand on l'écoute au casque love
Speak and Spell est pour moi la face trop visible du groupe, c'est guilleret, c'est I just can't get enough, mais la puissance, essence de leur musique, n'apparaît nulle part. Par contre, même après cette sensation de trop "déjà entendu" associée à Violator, l'écoute est d'une intensité remarquable.

J'ai compris le mot du terme "référence" concernant ce groupe. En écoutant NIN aux côtés de Depeche Mode, il y a sans nul doute un lien important. Comme une découverte, j'ai l'impression d'avoir trouvé ce pont, et qu'avec celui-ci j'en ai trouvé d'autres (The Cure, NIN, Muse).

Depuis plus d'un mois, mon esprit tourne presque à 100% Depeche Mode. Un univers aux multiples portes. Mélodies, paroles, sons issus des endroits les plus curieux, cicatrices des hommes. Les voir en concert sera pour moi une expérience unique que j'attends avec une impatience rare. Je n'ai connu cette intensité qu'avec Muse...
  

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C'mere dans l'ombre





D'un coup, le groupe est entré sur scène, et là le temps est resté suspendu je ne sais où.  Quelle profondeur! Quelle prestance. Et puis Daniel... Il était en face de moi à bouger à sa manière si particulière, s'avançant sur le devant, à deux mètres de moi. Je n'ai pas décroché mes yeux de ses mouvements. Il était impressionnant à regarder! Le son était plutôt bon, la voix de Paul Banks percutait mon esprit, vibrait et résonnait avec la basse et la guitare. J'avoue, je l'ai toujours dit, je n'accrochais pas à Interpol. Les disques me laissaient indifférente et m'ennuyaient. Mais là c'était une toute autre dimension, comme un vent violent qui m'aurait plaquée contre un mur pour m'empêcher de respirer. C'était ça. J'ai vraiment eu l'impression de ne pas avoir respiré pendant tout le concert.




Ma review complète du Summercase, c'est >>> par là.
      

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Rencontre avec Dieu Tom


Troisième concert d’Editors, donc. Première fois en France et en festival. Je savais qu’ils ne joueraient qu’une heure. Mais j’avais hâte de les revoir, de réapprécier cet échange et de me replonger dans toutes ces sensations propres à ce que l’on peut vivre en concert. La vibration des sons, la voix de Tom, les mouvements du public, les applaudissements. Et puis surtout tous ces petits moments inattendus qui font que chaque concert est unique.

Placement une demi-heure avant l’arrivée du groupe, le deuxième rang s’offrait à nous, du côté de Chris. La visibilité était parfaite et la scène n’était pas excessivement grande, ce qui nous a permis de voir tout le monde à merveille.

Les pieds dans la boue mais le cœur dans les nuages, la prestation commençait enfin. Les quatre anglais, très sobres comme à leur habitude, étaient en forme. Durant cette journée, il n’a pas cessé de pleuvoir, sauf pendant une petite heure. Une heure en suspens, d’une intensité à faire apparaître la clarté du soleil dans le sombre ciel. Comme par enchantement.


Concernant la setlist, les principaux singles du second disque ont été joués. Seul petit plus offert: You are fading. Pure merveille. Le premier disque a été quelque peu oublié, mais le set était court, et le choix était logique.
Malgré cela, le son parfait m’a réellement percutée et j’ai été transportée du début à la fin. La voix de Tom était limpide, avec parfois un petit écho qui rajoutait une intensité et une profondeur à ses mots. Contrairement à ce que j’avais pu voir auparavant, Tom était cette fois-ci posé, mis à part quelques passages où il se déplaçait de gauche à droite avec sa guitare. Sur son piano, droit, dévoué, pleinement à son œuvre, calme et concentré, il a chanté, simplement, sincèrement. Le final sur Smokers outside the Hospital Doors, tel un dernier souffle, est venu se poser sur nous, et nous a emporté loin.


Après le concert, on pensait pouvoir apercevoir le groupe en interview dans le stand Virgin. Malheureusement, l’interview avait déjà eu lieu pendant que nous attendions devant la scène… Triste. Plus que tristes, on était presque au bord des larmes, à vrai dire. On attendait tellement de pouvoir les voir... Mais une chose est certaine. Il ne faut jamais se décourager. Et nous sommes donc partis en direction de la sortie de scène. Cette fois-ci la pluie était au rendez-vous. La joie fut à la hauteur de la déception. Là, c’était un moment hors temps, un peu comme un film qui défile et qui serait extérieur à nous-même alors qu’on y participe. Le grand Tom a fait signe au vigile qu’il voulait venir nous voir, et il est donc sorti accompagné de Ed et de Russel. Arrivée devant eux, que dire ? Je n’ai su parler qu’à Ed : « I love you ». Je l’avais tellement répété que c’est la seule chose que j’ai trouvée. Avec du recul, c’est tout à fait ce que j’ai ressenti à ce moment-là. J'ai encore quelques images en tête : Julie qui court en montrant son t-shirt et en criant "Tom, Tom!!" (à un moment, j'ai cru qu'elle allait l'enlever mister green), Amandine qui commence à parler en anglais avec Russel et Ed (j'ai pas tout compris...), Kévin qui me faisait des signes, et puis rrrrrr, le regret du moment, Virginie qui ne se décide pas à se mettre avec nous tous sur la photo de groupe!!!!! Deux-trois choses à leur dire, que leur concert avait été fabuleux, que j’étais venue de Madrid pour les voir (sourire de Tom), que c’était mon anniversaire deux jours plus tard, et c’était parti pour les photos. Je n’osais même pas approcher Tom tellement j’étais émue. Au final resteront deux photos de cet instant sans doute d’une autre dimension. Histoire d’immortaliser cette intensité.



Ils sont partis comme ils sont arrivés, simples, souriants. Je les aime, c'est plus fort que moi Embarassed
       

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