Claire à bulles

Ailleurs - Muse au Parc des Princes

Après avoir passé la journée à marcher, marcher, marcher dans Paris, le Parc des Princes, ce bloc de béton sans âme, s'est enfin ouvert à nos yeux. Le public plutôt divers se presse autour du stade. L'attente devant les portes fait monter l'impatience d'entrer, puis j'entre dans le stade. Première impression, l'emplacement est parfait, en tribune à droite de la scène, juste devant la zone vip. La scène est gigantesque, dotée de ses paraboles géantes et de ses extensions sur les côtés et au milieu du stade.
L'attente est longue, mais les gradins et la pelouse se remplissent rapidement. Effectivement, en un peu plus d'une heure, le stade est plein. Dès la première partie de Biffy Clyro, l'ambiance démarre avec force. Dès cet instant, je sais que la ferveur ne lâchera pas la foule jusqu'à la fin. Archive nous offre une seconde première partie de plus d'une heure absolument merveilleuse. Le son est bon, la voix du chanteur commence à pénétrer doucement mon esprit. C'est fort et profond.
Lorsque Archive se retire de la scène, l'adrénaline monte d'un cran. Et je me replonge dans ces sensations si particulières, entre tension et émerveillement. J'y suis presque. La foule entame une hola sans fin, impatiente, heureuse et avide d'émotions. Les hommes masqués vêtus de jaune se pressent sur le côté de la scène. Le groupe apparaît alors sur la plateforme centrale au milieu des étincelles. La nuit tombe.
Au premier son de guitare, on ne s'y trompe pas, Matthew est en forme et surtout détendu. Knights of Cydonia en ouverture encore, pour une nouvelle vague de fureur. D'entrée le ton est donné. Ce soir sera magique. Les voix de ces milliers de personnes admiratives se pressent alors sur Hysteria, "I want it now, I want it now". Puis démarre Supermassive Black Hole et la fosse commence à danser à l'unisson, les bras levés, comme un océan de mains déchaîné. À l'image de ces robots avançant sur l'écran central. Black Holes and Revelations est à l'honneur en ce début de concert. C'est au tour de Map of the Problematique. Matthew prend ensuite sa guitare acoustique pour City of Delusion, et son passage en changement de rythme, "You will not rest, settle for less" entre guitare, basse et batterie en crescendo. Après une pause, la tension s'intensifie sur le mythique Butterflies and Hurricanes. Le solo au piano laisse sans voix. Le son afflue dans mes membres, jusqu'à mes pieds immobilisés, en un long frisson. Les yeux fermés, puis le regard tourné vers ces doigts qui courrent sur les touches, mon horloge s'arrête pour se recharger à jamais.
Quelques mots en référence à Hullabaloo nous ouvrent Microcuts, petite perle réapparue dans les setlists depuis peu. Un vrai cri de la période d'Origin of Symmetry qui m'est si chère, d'une intensité rare. Mes sens sont en totale révolution, et Hoodoo au piano effleure une nouvelle fois ma peau. La voix s'envole et nous transporte en un point de non retour. Le ciel est sombre mais je distingue quelques étoiles. Là haut, tout là haut. Point de pause. L'introduction d'Apocalypse Please annonce une nouvelle marche à franchir. "This is the end of the world". Le stade est transporté ailleurs. Matthew reste au piano et je reprends mon souffle. Petit essai du mégaphone, le trio démarre Feeling good et ses paillettes sur fond de fleurs colorées en arrière plan. "And I'm feeling good". Ou quand les paroles prennent pleinement sens. La séquence piano se termine sur la première chanson du premier disque. Sunburn, purement merveilleux.
Le piano est reculé et la guitare pad retentit. Brillant solo d'Invincible. Là aussi, "Together we're invincible" sur fond de foules gigantesques, reprise par le public, me fait vibrer. La participation est à son comble avec Starlight, qui sonne toujours aussi bien dans les grands espaces. Même les spectateurs immobiles participent en applaudissant en cadence. Sans pause, le groupe enchaîne la reprise Man of Mystery, plutôt dansante. Matthew s'approche de notre tribune et se place au micro de droite pour les premières notes de Time is Running Out, une de mes chansons préférées en live. La partie solo guitare proche d'Earl's Court 2004 résonne, la partie de chant offerte au public est un grand moment. La foule bondit dans tous les sens. Je sais que la puissance est telle que je mettrai des jours à m'en remettre. La première partie du concert se ferme par un New Born des plus parfaits, avec un nouveau riff et une version extended sur laquelle la guitare vibre comme jamais. En symbiose totale, Matthew et sa guitare, comme un seul être, font hurler les cordes en des mouvements par lâcher prise. Tout simplement impressionnant.
Le groupe disparaît alors par l'escalier menant sous la scène. Le public est en transe, je ne sens plus mon corps. Le sol vibre sous mes pieds.
Le retour se fait à la guitare acoustique. Dom est placé sur le devant de la scène, sa batterie placée sur un carré en extension de la scène. Les lumières sont éteintes. Plus un bruit. Le stade devient une constellation à perte de vue. La version d'Unintended m'apaise. Showbiz que j'écoute en boucle depuis une semaine refait surface en quelques minutes, sa spontanéité, sa profondeur, son espace propre et son bleu univers. Comme une mer profonde. La partie finale a débuté, il faut s'y jeter corps et âme quitte à ne plus jamais pouvoir se relever. Des deux côtés de la scène jaillissent les acrobates argentés qui volent sur les vibrations de Blackout. Pour un soupir. Puis Bliss et ses éternels ballons sont lancés. La folie gagne le stade. Les bulles blanches rebondissent dans la foule, tournoyant dans les airs. L'espace temps n'existe plus, l'instant est suspendu comme tenu par des fils invisibles attachés au ciel.
À nouveau, le trio se retire. Les quelques minutes restantes seront théâtre cathartique gigantesque. Plug in Baby, bombe musicale, me lance sur mon défouloir absolu, Stockholm Syndrome, que j'aime par dessus tout. Les dernières forces sont jetées à terre. La clôture sur Take a Bow renvoit encore une fois à une dimension nouvelle. Les lumières vertes plongent le stade dans un monde de l'ailleurs, les samples résonnent et frappent mon coeur de plein fouet. "Death, you bring death, and destruction to all that you tuch". Un dernier cri, le poing levé. Une ultime vibration. Des étoiles dans les yeux pour briller. Encore un peu plus haut.

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Un souffle avant la raffale

Les vacances, ce sont aussi des moments de promenade pour penser à rien. Le bonheur du temps libre. Après un concert magique dans le pays du rock'n'roll, la phase de repos s'est passée à merveille. Moments en famille, partages et discussions. Le temps n'est certes pas de la partie, mais je ne m'en rends presque pas compte.
Ma petite escapade à Cardiff, pays de la pluie mais aussi de la bière, m'a offert de joyeux moments et de jolies découvertes. Une ville agréable, avec un château impressionnant et un quartier de Cardiff Bay particulièrement agréable. Le vent sur les joues, le bruit et les senteurs de la mer et le cri des mouettes, un parfait paysage pour vider quelque peu son esprit.

 



Quelques jours déjà, et tellement de choses sont passées. La famille s'agrandie encore et cette nouvelle, mélangée aux sensations si personnelles de ces vacances, m'a procuré une joie immense. Les petit-e-s twins sont déjà des petites étoiles dans ma vie.
Que de bonheur!

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Les yeux qui brillent

Me voilà en phase de décompression. Une semaine durant laquelle rien ne compte à part ces images et ces sensations. Me voilà bientôt partie, et le sentiment de voir arriver si vite des émotions si vives se répercute à travers tout mon corps. Point de fatigue malgré les nuits de plus en plus courtes que je passe en écoutant ma musique. Le matin, le soir, la nuit. Mes yeux brillent à n'en plus pouvoir se refermer.
Patience. La tension s'échappe petit à petit, laissant place à cette douce euphorie du moment tant attendu.

Les nouvelles de la tournée muse-enne sont bonnes, il y a déjà eu des surprises, et il y en aura certainement d'autres, notamment à Wembley. En attendant, pour patienter et rêver quelques nuits encore, les bribes que je récupère ça et là sont des bouts de merveille. Le piano est magnifique, la folie est de retour à la guitare, et la perfection n'est plus très loin.    






"Cette année sera Muse ou ne sera pas", voilà ce qui trottait dans ma tête en partant à Madrid fin 2006. L'effort en vaut son pesant d'or, des heures de bonheur et de décharge intensives en perspective. J'ai l'impression de faire partie de ces chanceux qui vivront ces concerts-là, qui feront partie à jamais de l'histoire. Queen 1986, j'avais quatre ans. Muse 2007, c'est ma chance.





"There are very few bands in the world who can beat The Rolling Stones at their own game, but at the Isle Of Wight Muse were one of them.
They had the lights, the smoke, the cool graphics on the big screen and, most importantly of all, amazing songs played with pure passion and conviction.
This wasn't just a show, this was throwing down the gauntlet for every band set to headline a festival this summer.
If you've got tickets to see Matt Bellamy and the boys at Wembley this week, you're very lucky indeed.
Killer tune: Knights Of Cydonia
Bizarre rating: 9.5/10"

By Simon Rothstein and Pete Samson, The Sun, June 11, 2007

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... And I'm feeling good


Les dernières semaines sont les plus longues. Elles permettent malgré tout un passage en douceur dans une dimension nouvelle, celle des rêves qui approchent et deviennent des événements réels que l’on n’imagine plus comme des éventualités lointaines mais que l’on planifie avec minutie. Déjà trois semaines que l’immersion est en marche, trois semaines d’écoute musicale intensive. Comme jamais. L’heure n’est plus bien loin et je la sens jusque dans mes rêves, ces petits signes de la nuit et du subconscient qui donnent au réveil un sentiment si particulier. L’attente. L’espérance. L’imagination. Les images. Les frissons. J’ai hâte. Tout simplement.
Mercredi j’ai trouvé le Q magazine de juin. Histoire de me faire patienter… En prime j’ai eu droit à un disque de chansons live à Glastonbury d’excellente qualité. Un vrai bonheur pour mes oreilles.
Je suis heureuse de pouvoir partager ces moments avec mon Nouf et mon Grand Frère.
Ma patience et ma persévérance méritent bien ce ciel d’un bleu si intense. Et ces traînées d’avions qui m’envolent vers les étoiles.

Because the language confuses like computers refuse
To understand how I'm feeling today

I saw a liquid control
That gives life to a soul
I hit my head on it and woke up to know
That I was all alone
   

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