La dame du Starbucks est revenue. Comme elle est partie, la voilà de retour, le regard ailleurs, immobile. Sa présence est devenue un point de repère. Et lorsqu'elle n'est pas là quand je passe, je me demande pourquoi elle est absente. Comme si les choses devaient dès aujourd'hui retrouver un ordre, au cœur de la fourmilière, cet être humain presque sans vie rassure. Peut-être est-ce là un message. Faut-il y chercher un sens ?
Face à la foule de passants, elle reste impassible et à chacun de mes passages, c'est comme si le temps se soulevait, rendant les secondes aussi longues que des heures. Depuis mon premier jour de travail. Parfois son fantôme s'envole. Le temps semble se dérégler. Puis il réapparaît, d'un coup, d'un seul. Et les pas sur le trottoir semblent prendre une direction décidée, donnant à la foule une raison d'être.
Tous ces chemins qui se croisent sans jamais s'arrêter ni prendre le temps de les voir se créer sous nos pas. On se mélange pour mieux se disperser. Au fond, la dame du Starbucks est une image de cette réalité quotidienne. Elle, est la seule qui ne bouge pas. À moins que ce ne soit l'inverse.