Lundi 10 Novembre 2008
Chronique Queenesque - Épisode 1
Je vous livre ici la première partie de ma petite histoire... et j'essaie de vous mettre des liens pour que vous puissiez suivre

J'écoute Queen depuis.... depuis toujours, j'aurais tendance à dire. Mon premier disque acheté avec mon argent de poche, c'était le Greatest Hits, le seul et unique qui soit valable. J'avais treize ans. En réalité, ce groupe est un peu mon grand amour éternel et impossible, parce que je savais dès le départ que je n'allais jamais pouvoir les voir en direct.
Je suis rentrée là-dedans petit à petit. J'ai mis des années à compléter ma discographie. J'ai démarré vraiment quand une copine du collège m'a prêté des vinyles de sa mère (A Night At the Opera, A Day At the Races et Sheer Heart Attack), je m'en souviens comme si c'était hier. J'écoutais en boucle l'ovni The Prophet's Song, sur A Night At the Opera, et je ressentais cette espèce de nostalgie irréelle d'une époque que je n'avais pas vécue.
L'avantage d'avoir mis autant de temps à me procurer la totalité des disques, c'est que quand j'en avais un nouveau, je l'écoutais en boucle pendant des mois et des mois. Je me souviens même que je dormais avec le disque qui tournait, j'avais les chansons qui faisaient partie de mon monde endormi, ce qui, au bout du compte, a créé une relation vraiment étrange puisque certaines chansons sont presque devenues subconscientes.
Depuis toujours, mon préféré, c'était le grand chevelu, ce garçon qui sait faire parler sa guitare comme personne en créant avec ses dix doigts des sons absolument impossibles. On se demande parfois de quel instrument il s'agit. Sa particularité, c’est qu’il joue encore sur sa première guitare, qu’il s’est lui-même confectionnée quand il était petit, avec l’aide de son père. Le son vient du fait qu’il n’ait pas acheté une guitare dans le commerce. Dans son jeu proprement dit, il manie souvent l’effet double note, c’est-à-dire qu’il pince deux notes en même temps, et aussi les delays, ce qui permet d’avoir des solos avec des sonorités multiples. C’est aussi là la marque de fabrique du groupe. Ils aiment les chœurs (et moi aussi…) et dans la musicalité, tout est aussi régulièrement multiplié.
Vous pouvez voir cela expliqué par Brian May himself >>> par ici
On voit cela très bien >>> par ici

Quand mes parents m'ont offert mon premier livre sur le groupe, je ne regardais que la page de Brian May. J'adorais son look. Et aussi sa simplicité. Il est pas mignon, mon Brian?

Je dois avouer que j'ai mis du temps à vraiment l'aimer, à aller au-delà de tous
les clichés qui circulent sur ce qu'il était. Il aimait la provocation,
l’excès. Dès le début, il a pris le parti de faire comme il le sentait,
et la presse a souvent été virulente parce qu’il n’était pas disponible
comme les journalistes l’auraient souhaité. Freddie Mercury avait la
particularité d’être un artiste absolument complet. À part le chant, il
était pianiste, guitariste à ses heures, mais aussi dessinateur,
peintre et il aimait réaliser des vêtements de mode.Et puis Queen II est devenu mon disque fétiche. Celui que j'écoute quand ça va pas ou quand, tout simplement, je cherche un moment musical riche. Ce disque est la perfection. Il a ce son très 1970, un peu lourd, un peu noir, mais très blanc en même temps, complètement farfelu. Il raconte une histoire, il fait voyager, il est étonnant quand tout d'un coup surgissent de nulle part des voix d'elfes entre deux riff de pur rock'n'roll. C'est une musique hors du temps, un véritable ovni artistique, avec mille références. En plus, ce disque est réellement une représentation fidèle de l'union de quatre talents extrêmement différents. On y ressent toutes les influences, chacun ayant donné une grande part de soi-même.
Bien sûr, il manque peut-être cette maturité qu'ils possèdent vraiment sur A Night At the Opera et A Day At the Races, mais c'est ce côté-là aussi que j'aime, cet aspect qui rajoute un peu plus de beauté dans ce disque, et finalement ce manque me paraît être un réel atout.
White Queen (as it began)
Ogre Battle
À part ce disque là, il y aurait tellement de choses à dire sur chaque disque qu'il faudrait des heures pour en parler. Pour moi l'oeuvre de Queen est globalement divisée en trois. Donc pour aujourd’hui, je vais m’étendre un peu sur la première, histoire de vous laisser le temps de digérer.
La période des débuts englobe tout ce qui précède les années 1980. C'est là que se trouvent les plus belles perles, selon moi, là où s'est créée l'identité musicale, la cohésion, et la recherche perpétuelle d'un art profondément sensible.

Ce son si particulier est présent sur les six premiers disques : Queen, Queen II, Sheer Heart Attack, A Night At the Opera, A Day At the Races et News of the World. Je rajoute l'album Jazz, qui est une sorte de point final à cette période, mais qui n'en fait pas réellement partie. On trouve ici plusieurs classiques (Bohemian Rhapsody, Somebody to love, We will rock you, We are the Champions), mais ces six opus sont d'une richesse incroyable.
Quelques-unes de mes préférées :
Doin' All Right à Earl's Court (1977) - Album Queen
Liar at the Rainbow (1974)
- Album QueenIn the lap of the God (revisited)
Death on two legs
En plus cette version est énoooorme! - Album A Night at the OperaGood Old-Fashioned Lover Boy
La chanson parfaite... et puis ils sont tous beaux sur cette vidéo!
- Album A Day at the RacesTeo Toriatte avec Freddie qui chante en japonais - Album A Day at the Races
All Dead, All Dead en audio, parce que c'est Brian qui chante et que
- Album News of the WorldMy melancholy Blues avec juste Freddie qui est immense...
- Album News of the WorldEt puis je vous mets le clip de Bicycle Race parce qu'il a été censuré à l'époque et que ça me fait rire de revoir ça maintenant
- Album JazzQuand on y pense, six disques à ce niveau, c'est déjà incroyable. Pour quelques détails selon les disques, donc, je vous donne quelques informations qui me paraissent importantes sur chaque disque. Simples perceptions personnelles, encore une fois.
Queen
Le premier disque éponyme est un disque de début. Par conséquent, il manque un petit quelque chose pour en faire un très bon opus, c'est certain. Malgré tout, on sent déjà l'esprit dans le son, avec cette batterie lourde, les solos de Brian May déjà très présents, et les choeurs, encore en champ d'expérimentation.
Pour un premier disque, il faut malgré tout souligner que le groupe a produit ce qu'il voulait réellement. On trouve en particulier une chanson qui s'appelle Jesus, qui pour ces années de sex, drog & rock'n'roll est un peu décalée.
Doin' all right
est un parfait exemple de la construction des chansons du groupe,
c'est-à-dire un vrai mélange des genres (c'est en cela que Muse me fait
penser à Queen en partie). J'aime beaucoup cette chanson parce que
Roger a droit à son couplet. Et puis ce disque possède ce qui, pour
moi, est la plus belle chanson de la terre et de l'univers (en toute
subjectivité
), My Fairy King
(je trouve un lien très fort entre Citizen Erased et cette chanson),
qui est à l'origine du nom "Mercury" que Freddie s'autoadministrera
pour sa carrière.Sheer Heart Attack
On sent qu'on avance. Queen tatone et s'aventure vers d'autres univers. Le disque s'ouvre sur une musique de fête foraine. Roger Taylor commence à affirmer ses influences, avec Tenement Funster, une chanson type Led Zeppelin où il est seul au chant. Beaucoup de piano sur ce disque, et un vrai mélange dans la composition. C'est réellement le premier disque d'union, avec une grande partie des titres composés à quatre. On trouve sur ce disque Killer Queen, single des plus connus. Et on entend Brian jouer du ukulélé sur Bring Back my Leroy Brown.
Les trois premiers disques ont des paroles très touffues, sortes de mélanges de comptes d'ogres et de fées et de sentiments propres du quatuor.
A Night at the Opera
C'est clairement LE tournant de leur carrière. C'est le disque que l'on estime comme étant le meilleur de leur discographie. Peut-être parce qu'il comprend Bohemian Rhapsody, et que six minutes sur un disque qui n'est pas très long, c'est une place importante. Sans nul doute, ce disque est l'affirmation de ce qui a été testé et cherché pour les trois précédents. Les ouvertures en termes de styles ont été approuvées, les choeurs travaillés, et la structure des chansons posée de manière à ce que le disque soit un équilibre entre de possibles singles et des belles recherches un peu moins dispersées que par le passé. C'est là aussi un disque à écouter d'une traite. Effectivement, ce disque n'a pas vraiment de faiblesse. Il est uni, bien enchaîné, il interpelle quant à ses textes et propose des sentiments variables, de la haine (Death on two legs) à l'ironie (I'm in love with my car), de l'amour (You're my best friend) au plaisir de l'écoute légère (Lazing on a sunday afternoon), pour se clôturer sur un mélange du tout en six minutes.
A Day at the Races
Il pourrait s'agir de la face b du précédent, tant ils se tiennent. L'un blanc, l'autre noir. Dans la structure, ils sont très liés, bien que celui-ci soit plus tourné vers les sentiments internes des membres du groupe. Je dirais qu'il est plus personnel. On trouve de l'émotion à fleur de peau sur Take my breath away et Teo Torriatte. Les choeurs sont clairement du niveau de Bohemian Rhapsody, notamment sur Somebody to Love et sur Good old fashioned lover boy. En fin de compte, je trouve ce disque beaucoup moins léger que le précédent, ce qui lui donne un côté plus sincère au niveau de la sensibilité. Mais encore une fois, à l'image de son autre face, il est parfait de A à Z et s'écoute dans la continuité.
News of the World
On sent que quelque chose se passe au niveau du style. Ce disque est clairement plus rock. Il est moins égal que le reste. L'ouverture sur Will will rock you suivie de We are the Champions plante le décors. Queen n'aime pas s'ennuyer. C'est une des règles d'or. Après deux disques qui regardaient pas mal en arrière, celui-ci est une main tendue au futur au niveau musical.
Forts de leurs succès, ils osent. Je pense que vous saurez apprécier le très
Get Down Make Love qu'un Trent Reznor aurait pu composer. On retrouve aussi le côté sensible très existentiel de Brian sur All dead, All dead, et la profondeur de l'émotion de Freddie sur My Melancholy Blues. C'est simple, un piano, une voix, un être complexe qui se livre peu à peu. C'est beau, tout simplement.Et la suite dans le prochain épisode.

Par Rouf, Lundi 10 Novembre 2008 à 18:21 GMT+2 dans Pour les oreilles









