Le meilleur dans les rom
ans dits d’anticipation, c’est cette part d’actualité, d’adaptation aux réalités de notre monde tel qu’il se présente aujourd’hui. C’est également la possibilité d’envisager une société excessive dans un futur plus ou moins proche, peu probable, mais point improbable. Et après tout, pourquoi pas ?
Les monades urbaines raconte une structure sociétale verticale, dans laquelle les hommes habitent des tours de centaines d’étages construites pour accueillir les 75 milliards d’habitants de la planète, fruits d’une politique de la natalité sans tabous. Chaque monade abrite une population de 800 000 personnes enfermées en proie à un modèle social et politique pyramidal régi par quelques cerveaux habitant le sommet de la tour.
Cette forme sociale semble fonctionner en harmonie. C’est pourtant au fil d’histoires personnelles que ce système apparaît comme quelque peu totalitaire. Le déviant considéré comme un cas perdu est immédiatement condamné à mort, jeté sans pitié dans la chute pour alimenter la production énergétique de la monade. Découvrir la vie extérieure est interdit, le désirer fait de l’homme un anomo, synonyme du déviant qui refuse la soumission à cette société close.
Au-delà des questions posées sur l’avenir de la population mondiale (nombre, situation géographique, politique nataliste, survie, nourriture,…), ce livre s’interroge sur l’avènement d’une nouvelle forme de structure sociétale fondée sur une apparente liberté et qui par elle-même serait génératrice de règles d’une extrême rigidité. Comme un enfermement aux allures d’ouverture. Avec au centre la figure du déviant par laquelle chaque homme est finalement attiré. Serait-ce la peur qui maintient le calme ? Une question bien actuelle.