Claire à bulles

Le bleu de ce ciel


Quelques nouvelles, quelques mots après dix jours encore chargés. J'ai assisté à un concert de l'orchestre de la Comunidad de Madrid le 7 novembre à l'Auditorium National. La salle est magnifique, tout en bois à l'intérieur, avec un orgue gigantesque qui surplombe la salle. J'ai tout de suite repensé à Taisée, et me suis repassé mille émotions. Le concert reprenait divers extraits, les choeurs sont toujours pour moi chargés d'une profondeur intense.

Vendredi, j'ai eu la chance d'assister aux quarts de finale du tournoi de tennis féminin de Madrid, avec trois matches de bonne qualité : Amélie Mauresmo contre Justine Hénin-Hardenne, Maria Sharapova contre Svetlana Kuznetsova et Elena Dementieva contre Kim Clijters. Un régal. J'ai pris quelques photos que je mettrai ici très prochainement.

Depuis jeudi, je n'ai fait que ranger mon petit nid, pour recréer cette bulle qui m'est si chère. J'ai retrouvé mes disques, mes films et mes livres. Rauliña paraît plutôt en forme, bien qu'elle m'ait raconté que ses feuilles seraient bien plus vertes si elle pouvait entendre un peu de musique choisie expressément par la personne qui la connait le mieux. Je me charge de cette mission. De son côté, Ronnie grandit bien malgré les moqueries diverses. Elle se plaira sûrement à Cuatro Caminos. Comment le contraire serait-il possible?

Samedi soir, j'ai migré quatre heures durant dans un bar très agréable dans lequel mixait Dj Bofi, inconnu certes, mais au goût musical assez proche du mien. Un réel plaisir, d'autant que le cadre se prêtait parfaitement à l'écoute passionnante de la grande diversité qui nous était proposée : un bar en bois noir, des murs de pierres auxquels étaient accrochés des vinyls tels que des célèbres Pink Floyd, Dead Can Dance ou encore Depeche Mode. Un vrai bonheur.

Cette semaine est consacrée au repos, à la cuisine, à la redécouverte de mes petites affaires, à la dégustation de musique, à la tranquillité. Bref, au bonheur.

Je commence tout juste à comprendre ce que je fais ici.

Best
You've got to be the best
You've got to change the world
And use this chance to be heard
Your time is now


Le soir en sortant du travail, je contemple le soleil qui se couche et le bleu si intense de ce ciel, et je pense à chaque fois à la chance que j'ai.
   

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Jour de pluie


Jour de pluie, de ces jours où l’on n’a guère envie de sortir de chez soi. Pourtant l’envie me pousse à prendre un peu de temps au milieu de la tempête, et me voilà partie pour Goya, dans mon circulaire favori. Il pleut, il vente, le froid se glisse sous mon manteau, mais mes écouteurs tiennent en place au creux de mes oreilles malgré l’agitation extérieure. J’ai toujours aimé sentir la pluie glisser sur mon visage. Après la petite escapade en autobus, je pars à pieds jusqu’à Pueblo Nuevo, et je redescends vers Ventas. Le jour tombe, il n’est pourtant pas encore 17h. La pluie tombe si fort qu’elle crée un brouillard dense, comme un masque du décor de la ville. Mais j’avance, au rythme d’Hullabaloo, plongée dans je ne sais quel passé. A ce moment-là, je retrouve ci et là des bouts de Londres, des bouts de déjà vécu, des images et des odeurs du froid et des lumières des quais bordelais, des sensations étranges. Il suffit d’un peu de calme dans mon esprit pour que reviennent en rafale toutes ces émotions, mais cette fois-ci les impressions sont positives. L’hiver est décidément une bien belle saison. Devant la Plaza de Toros, quelques marchands de glaces et de churros frigorifiés regardent l’eau envahir leurs présentoirs. Rien de tel qu’un froid glacial pour manger des churros bien chauds, et je déguste cela sous la pluie battante, rien de plus complexe, une de mes mains étant monopolisée par mon parapluie. Je marche dans les flaques, je prends en photo un couple d’allemands très heureux d’avoir alors un souvenir de Ventas.

Ici rien n’est comme ailleurs et tout est identique. C’est mon regard qui fait de Madrid ce que cette ville représente à mes yeux. Sous la pluie les lumières changent, les gens aussi, mais mon cœur est léger.

Look to the stars
Let hope burn in your eyes
  

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A la maison, la bonne étoile


Rien de bien nouveau. Il pleut à torrent et mon parapluie m'est bien utile. Ce week end sera consacré à du repos et à des promenades. Il me tarde de retrouver mes affaires, de tenir mes disques entre mes mains, d'accrocher mes photos et mes cartes à mon mur.

J'ai la tête dans les nuages, le corps entre grande fatigue et énergie inépuisable, et mes sens qui me demandent de la musique, encore et encore.

J'ai passé dix jours de folie, j'ai l'impression d'avoir vécu tellement de choses en si peu de temps.

Enfin j'ai pu taper dans ces portes qui ne voulaient plus s'ouvrir, j'ai pu crier presque tout ce qui s'était infiltré dans les tuyaux de mon cerveau et de mes sens, et expulser cette noirceur pour poser mes pieds, lentement, sur cette terre que je commence à redécouvrir.

Ce sont les étoiles qui s'allument.

Merci M4M
  

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Sur orbite

Toulouse, lundi 30 octobre 2006, 21h30.

Le concert débute par une mise en place de trois chansons. Take a bow, puis Hysteria, l’enchaînement est parfait, et toujours aussi hallucinant. Map of the problematique colle parfaitement à ces deux morceaux d’ouverture, juste avant de démarrer Butterflies and Hurricanes, qui en concert sonne comme un hymne. La partie piano impressionne, plus personne ne respire. Après quoi, juste le temps de boire une gorgée d’eau et le très métal Assassin arrive. On a droit à une version rallongée très réussie. Puis Matthew s’assoit au piano pour sortir les premières notes de New born. Tout simplement magnifique. Le public se replonge dans les classiques d’Origin of Symmetry avec un Plug in baby de folie. Petite pause, lumières éteintes et ambiance « flammes » sur les écrans, recueillement le temps de Forced in. Le trio se rassemble autour de Dom pendant que la foule reprend son souffle. Il semble qu’on en soit à la moitié. Le temps passe à une vitesse vertigineuse, et à ce moment l’horloge a cessé son travail, comme si une main invisible avait soulevé le Zénith en suspens au-dessus du ciel. Comme un soupir. Le concert reprend alors de plus belle avec Bliss et son lâché de ballons remplis de confettis. C’est l’osmose avec le groupe. Matthew retourne au piano pour Sunburn, ponctué d’un « merci beaucoup » à l’accent parfaitement français, puis pour Hoodoo, qui se met à résonner dans chacune de mes pores. Seul sous le décor de nuit étoilée, Matthew nous livre son chef d’œuvre en brut. Alors, c’est la dernière ligne droite qui débute, après le très beau Invincible. Supermassive black hole et Starlight se succèdent, on crie, on saute, on tape dans les mains. Les deux nouveautés rendent un son parfait. Enfin, mes deux chansons cathartiques en live me remplissent d’une énergie indescriptible : Time is running out et la géniale Stockholm syndrome, sur laquelle Matthew entre littéralement en transe. On a droit à deux roulades à terre, puis à des sauts dans tous les sens sur le dernier solo de guitare. L’instrument le maîtrise, tel un être vivant, la technique est époustouflante. Il se donne entier, j’en ai la chair de poule. Le groupe sort de scène pour attendre le rappel. Nul besoin de trop réclamer. Matthew, Chris et Dom réapparaissent et entament Muscle museum, directement suivi du désormais mythique Knights of Cydonia, chanson expulsive pour un public et un groupe en orbite. Une fois encore, quel bonheur !

Une seule question trotte dans ma tête : quand vais-je pouvoir y retourner?
   

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