Troisième concert d’Editors, donc. Première fois en France et en
festival. Je savais qu’ils ne joueraient qu’une heure. Mais j’avais
hâte de les revoir, de réapprécier cet échange et de me replonger dans
toutes ces sensations propres à ce que l’on peut vivre en concert. La
vibration des sons, la voix de Tom, les mouvements du public, les
applaudissements. Et puis surtout tous ces petits moments inattendus
qui font que chaque concert est unique.
Placement une
demi-heure avant l’arrivée du groupe, le deuxième rang s’offrait à
nous, du côté de Chris. La visibilité était parfaite et la scène
n’était pas excessivement grande, ce qui nous a permis de voir tout le
monde à merveille.
Les pieds dans la boue mais le cœur dans les
nuages, la prestation commençait enfin. Les quatre anglais, très sobres
comme à leur habitude, étaient en forme. Durant cette journée, il n’a
pas cessé de pleuvoir, sauf pendant une petite heure. Une heure en
suspens, d’une intensité à faire apparaître la clarté du soleil dans le
sombre ciel. Comme par enchantement.

Concernant la setlist, les principaux singles du second disque ont été joués. Seul petit plus offert:
You are fading. Pure merveille. Le premier disque a été quelque peu oublié, mais le set était court, et le choix était logique.
Malgré
cela, le son parfait m’a réellement percutée et j’ai été transportée du
début à la fin. La voix de Tom était limpide, avec parfois un petit
écho qui rajoutait une intensité et une profondeur à ses mots.
Contrairement à ce que j’avais pu voir auparavant, Tom était cette
fois-ci posé, mis à part quelques passages où il se déplaçait de gauche
à droite avec sa guitare. Sur son piano, droit, dévoué, pleinement à
son œuvre, calme et concentré, il a chanté, simplement, sincèrement. Le
final sur
Smokers outside the Hospital Doors, tel un dernier souffle, est venu se poser sur nous, et nous a emporté loin.

Après
le concert, on pensait pouvoir apercevoir le groupe en interview dans
le stand Virgin. Malheureusement, l’interview avait déjà eu lieu
pendant que nous attendions devant la scène… Triste. Plus que tristes,
on était presque au bord des larmes, à vrai dire. On attendait
tellement de pouvoir les voir... Mais une chose est certaine. Il ne
faut jamais se décourager. Et nous sommes donc partis en direction de
la sortie de scène. Cette fois-ci la pluie était au rendez-vous. La
joie fut à la hauteur de la déception. Là, c’était un moment hors
temps, un peu comme un film qui défile et qui serait extérieur à
nous-même alors qu’on y participe. Le grand Tom a fait signe au vigile
qu’il voulait venir nous voir, et il est donc sorti accompagné de Ed et
de Russel. Arrivée devant eux, que dire ? Je n’ai su parler qu’à Ed : «
I love you ». Je l’avais tellement répété que c’est la seule chose que
j’ai trouvée. Avec du recul, c’est tout à fait ce que j’ai ressenti à
ce moment-là. J'ai encore quelques images en tête : Julie qui court en
montrant son t-shirt et en criant "Tom, Tom!!" (à un moment, j'ai cru
qu'elle allait l'enlever

),
Amandine qui commence à parler en anglais avec Russel et Ed (j'ai pas
tout compris...), Kévin qui me faisait des signes, et puis rrrrrr, le
regret du moment, Virginie qui ne se décide pas à se mettre avec nous
tous sur la photo de groupe!!!!! Deux-trois choses à leur dire, que
leur concert avait été fabuleux, que j’étais venue de Madrid pour les
voir (sourire de Tom), que c’était mon anniversaire deux jours plus
tard, et c’était parti pour les photos. Je n’osais même pas approcher
Tom tellement j’étais émue. Au final resteront deux photos de cet
instant sans doute d’une autre dimension. Histoire d’immortaliser cette
intensité.


Ils sont partis comme ils sont arrivés, simples, souriants. Je les aime, c'est plus fort que moi